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Une coalition de municipalités et d’organismes lance un appel au gouvernement provincial. Elle demande un plan national pour, entre autres, maintenir les centres-villes. Un plan qui nécessite de l’aide financière, mais sans imposer de règles trop restrictives.
La première étape, [c'est] de nous laisser plus d'autonomie dans ce qu'on a envie de faire, estime la mairesse de Montmagny, Gabrielle Brisebois, l’une des signataires. Le cœur de sa ville est à l’image de bien d’autres au Québec. Certains de ses bâtiments, parfois patrimoniaux, ont besoin de rénovations et il nécessite plus de soutien pour assurer sa vitalité économique.
Même si le portrait général se ressemble souvent dans les petites municipalités, il est aussi fréquent que les programmes pour les soutenir soient trop homogènes ou restrictifs, aux yeux de la mairesse Brisebois et de la trentaine de groupes qui réclament une nouvelle approche du provincial.

Gabrielle Brisebois est mairesse de Montmagny. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jérémie Camirand
La mixité des usages, la mixité des zonages, la cohabitation sociale fait que, souvent, on ne rentre pas dans les cases des programmes gouvernementaux pour les centres-villes, on n'est jamais capable d'avoir une vision transversale , explique-t-elle pour faire valoir la demande des villes et villages de revoir la stratégie nationale afin d’améliorer et de revitaliser les centres-villes.
L’organisme Rues principales précise que le groupe de 35 signataires, composé d’élus municipaux et représentants d'organismes de développement économique local, d'économie sociale, de patrimoine bâti et de vitalité des centres-villes, demande de créer une stratégie nationale, qui s'intègre dans la politique nationale d'architecture et d'aménagement du territoire, qui traite la question de la vitalité des centres-villes de manière holistique, puis qu'on en fasse un projet de société , précise le directeur général de l’organisme, Olivier Legault.
Les montants promis toujours attendus
Gabrielle Brisebois ne nie pas les efforts du gouvernement Legault qui, en 2022, avait promis 470 millions de dollars en soutien aux municipalités. La mairesse déplore cependant qu’il y a[it] seulement 50 millions de dollars à ce jour qui sont descendus [jusqu’aux municipalités]. Donc, cette promesse-là, d'aider, elle n'a pas été remplie.
Le prochain gouvernement du Québec doit reconnaître leur rôle stratégique et mettre en place une véritable stratégie, appuyée par des mesures concrètes, pour que les programmes répondent vraiment aux besoins des municipalités, ajoute Mme Brisebois.

Le centre-ville de Rimouski (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
De nombreuses municipalités jugent que les programmes de subvention du gouvernement par appel de projets sont trop restrictifs. Elles veulent donc davantage d'autonomie.
La mairesse de Montmagny donne l’exemple de l’importance de sauvegarder les immeubles historiques. Conserver l'aspect patrimonial de nos centres-villes, c'est ce qui fait leur charme, c'est ce qui nous rappelle que notre histoire date de plusieurs centaines d'années. Sauf que les contraintes viennent avec un coût. Puis, en ce moment, eh bien, on a plusieurs propriétaires qui ne sont pas capables d'assumer cette augmentation des coûts là, qui sont dus aux contraintes, décrit-elle.
À ses yeux, maintenir un centre-ville viable et agréable permet d’avoir une pensée globale du territoire, de garder la population plus en proximité, avant de s'étendre en périphérie pour obliger les gens après à prendre leur voiture pour faire l'ensemble de leurs déplacements.

Olivier Legault est directeur général de Rues principales
Photo : Radio-Canada
Olivier Legault estime aussi que c’est la voie à suivre. Notre réponse à la crise de l'habitation devrait être d'augmenter le nombre de logements dans les centres-villes, dans les quartiers limitrophes de centres-villes, pas nécessairement d'ouvrir un nouveau quartier où on va étirer les réseaux d'infrastructures. Se donner encore plus d'infrastructures à entretenir.
La vision globale passe aussi, selon la coalition, par une meilleure cohabitation avec l’itinérance de plus en plus visible dans un nombre croissant de villes.
C'est un peu ça le rôle des municipalités, rappelle Gabrielle Brisebois, de s'assurer qu'on réponde aux besoins de l'ensemble des clientèles qui habitent sur notre territoire. Maintenant, quand on investit, il faut s'assurer qu'on comble l'ensemble des besoins des gens qui occupent le territoire du centre-ville.
Avec les informations de Colin Côté-Paulette.


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