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La vraie star de « The Social Reckoning », mauvais nouveau film sur Facebook, ce n’est pas Mark Zuckerberg

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Plus de 15 ans après le classique de David Fincher sur la création du réseau social, Aaron Sorkin s’intéresse, lui, à un autre dossier : celui des « Facebook Files ». Il est loin, très loin du niveau de son prédécesseur.

Jeremy Strong, ici dans « The Social Reckoning », au cinéma en octobre 2026.

Sony Pictures

Jeremy Strong, ici dans « The Social Reckoning », au cinéma en octobre 2026.

Depuis la sortie de The Social Network en 2010, du monde, beaucoup de monde a rejoint Facebook, dans un contexte pourtant accru de polémiques parmi lesquelles, l’une des plus importantes : les « Facebook Files ». Cette incroyable fuite de données est au cœur d’un nouveau film sur le réseau social, The Social Reckoning. Il sort en salles ce mercredi 7 octobre.

L’histoire est vraie. Elle suit l’enquête menée pendant plusieurs années par un journaliste du Wall Street Journal du nom de Jeff Horwitz, ex-rubricard politique passé à la tech. Nous sommes en 2018. Et déjà, quelque chose ne tourne pas rond avec l’algorithme. Où vont tous les commentaires critiques à l’égard de la plateforme ?

Campé par Jeremy Allen White (The Bear, Iron Claw), le reporter se lance dans le sujet, bien sûr de lui, sans se douter une seconde de l’ampleur des infos qu’il est sur le point de déterrer grâce à Frances Haugen, brillante ingénieure devenue lanceuse d’alertes après lui avoir fourni des milliers de documents internes.

Prolifération des discours de haine, détérioration de la santé mentale chez les jeunes… Le film d’Aaron Sorkin (déjà à l’œuvre en tant que scénariste sur le précédent thriller réalisé à l’époque par David Fincher) se révèle être une enquête sans concession contre Facebook et son créateur, présenté en défenseur d’une liberté d’expression sans limites.

Découvrez ci-dessous la bande-annonce :

Le récit est important, actuel. Il n’en demeure pas moins mal, très mal fichu. La faute à des dialogues poussifs, qui par peur de perdre le spectateur répètent l’intrigue un peu trop à notre goût. Les choix de mise en scène, dont une météo dramatique omniprésente, n’aident pas. La leçon de journalisme caricaturale, non plus.

Oubliez The Social Network, classique du cinéma de David Fincher sur les ambitions d’un jeune nerd. L’histoire ne se concentre plus sur Mark Zuckerberg. Et c’est peut-être mieux, vu le mimétisme auquel s’adonne, ici, Jeremy Strong dans la peau du richissime patron, désormais isolé dans ses bureaux ultra-sécurisés.

L’histoire de Frances Haugen

La vraie star du show, c’est Mikey Madison. Oscarisée en 2025 pour son rôle dans Anora de Sean Baker, l’Américaine - enlaidie à la façon d’un mauvais soap, type Ugly Betty - est de tous les plans. Sans sauver le film, elle met néanmoins un coup de projecteur sur son héroïne, devenue un visage incontournable aux États-Unis, encore peu identifié chez nous. C’est son livre The Power of One (publié en 2023) qui a inspiré Aaron Sorkin.

Comment en est-elle arrivée là ? L’ex-employée de Facebook, qui travaillait au département en intégrité civique (un service censé œuvrer à la lutte contre la désinformation et au respect de la démocratie en ligne) avant de claquer la porte, n’est pas technophobe, au contraire. Pour elle, les réseaux sociaux ont du bon. Ils peuvent nous aider à vivre en société.

Mais au fil du temps, les décisions prises par son entreprise ont fait naître en elle de sérieuses inquiétudes. Elles ont grandi à mesure que ses patrons ont refusé d’écouter ses alertes. La culture du silence devait cesser, il lui fallait parler. C’est dans ce contexte que Frances Haugen a fini par rencontrer Jeff Horwitz.

La lanceuse d’alerte en France

Derrière les blagues et les taquineries entre eux dans le film, les deux compères ont dans la vraie vie collaboré sur 17 rapports, parmi lesquels celui du fameux MSI (acronyme pour « Meaningful social interactions »), un algorithme visant à mettre en avant la colère et les contenus à sensation pour polariser, créer de l’engagement.

Les différents dossiers révélés par le Wall Street Journal ont alerté l’opinion publique. Des plaintes ont été déposées. Et des enquêtes sont toujours en cours. En révélant son identité au Congrès américain, où elle a dénoncé la recherche de profits au péril de la sécurité des utilisateurs, Frances Haugen est devenue une figure de proue du mouvement.

Jeremy Allen White et Mikey Madison dans « The Social Reckoning ».

Sony Pictures

Jeremy Allen White et Mikey Madison dans « The Social Reckoning ».

Comme à Londres, Lisbonne ou Bruxelles, l’Américaine a par la suite des révélations été conviée chez nous en France à l’Assemblée nationale, sur invitation entre autres de la commission des Lois, puis au Sénat. En 2022, elle a annoncé la création d’une ONG baptisée Beyond the Screen pour assainir les réseaux sociaux.

Ce qu’en dit Frances Haugen

Avec ce film, « j’ai l’impression que la culture rattrape son retard », a-t-elle récemment confié au Hollywood Reporter, à l’approche de la sortie. Elle espère qu’il permettra de toucher un public encore plus large, potentiellement différent aussi du lectorat du Wall Street Journal.

« Je pense que si les gens parviennent à s’identifier émotionnellement à cette histoire, ils pourront alors s’y identifier intellectuellement », souffle-t-elle au magazine. Avant d’ajouter : « Plus nous sommes capables d’imaginer différents avenirs, plus les gens se sentent en droit d’exiger de meilleurs avenirs. »

L’avenir et les chiffres au box-office nous le diront. En 2010, le très bon film de David Fincher avec Jesse Eisenberg dans le rôle-titre, Andrew Garfield et Justin Timberlake a été un phénomène, récoltant plus de 225 millions de dollars de recettes dans le monde, dont plus de 1,4 million d’entrées dans l’Hexagone.

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