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La violence augmente en milieu scolaire à Montréal et les filles en sont les premières victimes, au point d'en faire un véritable problème de santé publique, s'alarme la Direction régionale de santé publique dans un rapport publié mercredi.
Il s'agit de la troisième étude à se pencher sur ce sujet après celles réalisées en 2010-2011 et en 2016-2017.
D'après les données colligées, pas moins de 41 % des élèves ont été victimes de violence dans les écoles secondaires de Montréal en 2022-2023. Cette proportion était de 36 % en 2016-2017. Cela va de la violence verbale et psychologique, comme les insultes, aux coups et menaces.
Les données confirment également la violence observée par des enseignants sur le terrain, particulièrement chez les filles, aussi bien pour la violence qu'elles subissent en tant que victimes que dans les comportements d'agressivité.
En entrevue à l'émission Première ligne, à ICI RDI, mercredi, Ariane de Palacio, agente de recherche à la Direction régionale de santé publique de Montréal et auteure du rapport, a expliqué qu'historiquement, le phénomène était plus marqué chez les garçons et les plus jeunes.
S'il est vrai qu'une baisse importante de la violence avait été observée sur une période d'une vingtaine d'années chez les jeunes, on voit que, depuis la dernière édition de l'enquête, cela remonte légèrement et cette hausse est particulièrement marquée chez les filles.
Ariane de Palacio souligne qu'il est difficile d'expliquer cette augmentation, mais elle rappelle le contexte dans lequel l'étude a été menée, après la pandémie de COVID-19 et les bouleversements qu'elle a causés, notamment chez les jeunes.
Le facteur des réseaux sociaux
Les réseaux sociaux peuvent également être un facteur important par la manière dont la violence est mise en scène, en agissant comme une caisse de résonance.
Depuis la pandémie, toute une partie de la vie des jeunes s’est transposée en ligne, amplifiant la violence. Ce changement est aussi associé à des niveaux élevés de détresse psychologique, fait remarquer Ariane de Palacio.
Le président de l'Association québécoise du personnel de direction des écoles, André Bernier, se dit peu surpris. Dans les écoles, on le voit, il y a réellement une hausse [de la violence] depuis plusieurs années, dit-il.
Il évoque une véritable tendance à la hausse de cette violence dans les écoles secondaires, où l'on signale de la violence verbale, des messages haineux et de la violence physique, à un moindre degré.
Le phénomène est observé ailleurs dans le monde, insiste M. Bernier, qui dit avoir les mêmes échos au sujet des écoles en Europe.
Lui aussi pointe les réseaux sociaux parmi les facteurs qui ont contribué à cette hausse de la violence dans les écoles.
Pour M. Bernier, l'interdiction des cellulaires dans les écoles, implantée depuis peu, n'a pas encore donné ses fruits, mais elle ne peut qu'être bénéfique. Les jeunes vont reconstruire des liens et réapprendre à socialiser. Ça ne peut pas nuire, croit-il.
Un élève sur 10
Un élève sur 10 vit de la violence à la fois verbale et physique, a chiffré Mme de Palacio au micro de Midi info. Les phénomènes d'intimidation et de violence sont enregistrés de façon plus intense vers la fin du primaire et au début du secondaire. Ils ont tendance à diminuer vers les deux dernières années du secondaire, a-t-elle expliqué.
L'autrice du rapport recommande un travail réalisé de concert avec l'ensemble des partenaires.
Il n'appartient pas juste à l'école de faire cesser la violence entre les jeunes.
On peut aussi mieux outiller les parents en les sensibilisant à la nécessité de se tenir au courant de ce qui se passe dans la vie de leurs enfants.
M. Bernier n'en pense pas moins, insistant sur la nécessité d'un travail d'équipe impliquant tous les intervenants.
Les données utilisées par la Direction régionale de santé publique de Montréal sont tirées d'une enquête plus vaste réalisée par l'Institut de la statistique du Québec auprès de 70 825 jeunes dans 483 écoles publiques ou privées, francophones ou anglophones, réparties partout au Québec.


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