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La Ville de Shawinigan devra réintégrer un agresseur sexuel dans ses rangs

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La Ville de Shawinigan devra réintégrer dans ses fonctions un homme reconnu coupable il y a un an d'agression sexuelle envers une femme endormie, en raison du jugement d'un tribunal administratif survenu en décembre.

Julien Leclerc, qui a écopé d'une peine de deux ans de prison pour avoir violé une femme endormie à ses côtés à l’automne 2022, était superviseur de voirie pour la municipalité.

Les représentants de la Ville ont expliqué au moment de sa suspension avoir appris dans les médias sa condamnation en 2024. Elle lui reprochait son manque de transparence et de ne pas en avoir informé ses supérieurs, ni au moment de sa mise en accusation, de son procès ou du verdict.

Or, Julien Leclerc aurait informé le représentant des cadres de la Ville tout de suite après sa condamnation. Il aurait été convenu d'en informer l'administration municipale le lundi suivant. C'est entre-temps que les médias ont rapporté sa condamnation et que la ville l'a sommé de ne plus se présenter au travail, le temps d'une enquête interne.

La Ville l'a ensuite congédié, citant un abus de confiance, un manque de jugement et de transparence ainsi que l'atteinte à la crédibilité de la ville.

Mais dans un jugement rendu le 19 décembre, le juge administratif Christian Drolet ordonne la réintégration de Julien Leclerc dans les 30 jours.

Il indique notamment que, puisque l’accusation criminelle n’était pas reliée à son poste à la Ville de Shawinigan, que l’accusé n’était pas tenu d’informer son employeur.

Il n’était pas tenu de divulguer l’accusation portée contre lui à la Ville, puisqu’elle est de toute évidence sans lien objectif et rationnel avec sa charge. De plus, dès sa condamnation, il contacte le représentant des cadres de la Ville afin de discuter de la façon d’aborder la situation avec les représentants de celle-ci, peut-on lire dans le jugement.

Le juge indique que Shawinigan se doit de réintégrer son employé, puisque son congédiement n’était pas justifié.

Le défaut de ce dernier de dénoncer l’accusation portée contre lui au mois de février 2023 n’est, dans les circonstances, qu’un prétexte pour se départir de ses services. Bien qu’un employeur puisse être inconfortable d’avoir à son emploi un employé ayant été reconnu coupable d’un acte criminel, ce fait à lui seul ne justifie pas le refus de la réintégration. C’est précisément ce qu’interdit l’article 18.2 de la Charte, explique Me Drolet dans son jugement.

Selon le juge, la Ville n’a pas réussi à prouver une perte de crédibilité ou une atteinte à la réputation de la Ville à la suite de l’accusation ou de la condamnation du Plaignant.

Julien Leclerc a porté en appel sa condamnation pour agression sexuelle.

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