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Liés par un pacte de défense mutuelle avec l’Arabie saoudite, les deux pays vont soutenir leur allié, qui est la cible d’attaques régulières de la part des combattants houthistes du Yémen.
La Turquie et le Pakistan, liés par un pacte de défense mutuelle avec l’Arabie saoudite, ont annoncé, lundi 5 octobre, dans un communiqué commun, qu’ils allaient envoyer des forces militaires dans le royaume, cible d’attaques régulières de la part des combattants houthistes du Yémen.
Après une réunion à Riyad, les trois pays se sont mis d’accord pour passer « immédiatement à la mise en pratique de l’accord de défense mutuelle », signé en août à La Mecque, et « de prendre les mesures nécessaires pour fournir les forces et moyens militaires convenus, et les déployer rapidement dans le royaume », est-il écrit.
Le texte ne nomme pas directement les houthistes pro-iraniens, mais « condamne dans les termes les plus forts » les frappes ayant visé les villes saintes de Médine et La Mecque – imputées aux houthistes par l’Arabie saoudite – ainsi que « les attaques continues sur les villes et installations civiles et économiques » du pays.
C’est la première fois que cet accord associant la deuxième armée de l’OTAN (la Turquie), la principale puissance du Golfe (l’Arabie saoudite) et la seule puissance nucléaire du monde musulman (le Pakistan) est mis en action.
Les hostilités entre les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite, et les combattants houthistes, au pouvoir dans une grande partie du Yémen depuis une décennie, ont repris en juillet après des années d’accalmie, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
Contre-offensive
A l’issue d’une offensive éclair en septembre, les houthistes ont pris le contrôle de tout le littoral ouest du Yémen, bordant la mer Rouge. Depuis, ils ciblent régulièrement les installations pétrolières et militaires du royaume voisin. L’Arabie saoudite et les forces gouvernementales yéménites, peinant à repousser les attaques des houthistes, ont plusieurs fois demandé du soutien international, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu’ici.
Soutenues par les avions de combat saoudiens, les forces gouvernementales du Yémen ont annoncé, dimanche, une vaste contre-offensive pour reprendre aux houthistes les territoires récemment conquis, voire les déloger de l’ensemble du pays. Elles ont affirmé avoir mené plus de 1 000 frappes, et lancé une offensive sur la capitale Sanaa, aux mains des houthistes depuis 2015.
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, alliée militaire depuis 2015 du gouvernement yéménite réfugié à Aden, a reconnu un « soutien aérien vingt-quatre heures sur vingt-quatre aux forces armées yéménites au sol », assurant que « 100 avions de combat ont participé » à l’offensive et que « 324 cibles de grande valeur » ont été détruites. Selon les houthistes, une femme et une fillette ont péri dans des bombardements dans la province de Sanaa.
Ces combattants ont quant à eux averti les compagnies aériennes que le ciel au-dessus de l’Arabie saoudite n’était « pas sûr » – à l’exception des villes saintes de Médine et La Mecque, qu’ils soutiennent ne jamais avoir visées. Dans la soirée, des fortes explosions ont été entendues à Ryad par un journaliste de l’Agence France-Presse et des habitants. « J’ai vu mes fenêtres trembler », a décrit l’un d’eux, résidant non loin de l’aéroport international de la capitale saoudienne.
Contrôle
Dimanche, le très stratégique oléoduc Est-Ouest, qui permet à l’Arabie saoudite de transférer son pétrole bloqué à l’Est à cause du verrouillage du détroit d’Ormuz vers l’ouest du royaume, avait également été pris pour cible, et a été mis à l’arrêt. Il avait déjà dû l’être le mois dernier.
Le patron du géant pétrolier saoudien Aramco a mis en garde contre le niveau « dangereusement faible » des stocks mondiaux de pétrole, quelques jours après que les pays du G7 ont annoncé une libération des stocks pour atténuer les inquiétudes concernant l’approvisionnement. La coalition a, elle, également déclaré « assurer la protection aérienne du détroit de Bab Al-Mandab », essentiel pour le transport des hydrocarbures.
Les houthistes avaient renforcé en septembre leur contrôle sur ce détroit, dont l’importance stratégique s’est accrue avec le verrouillage par l’Iran de celui d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule Arabique, après le début de la guerre au Moyen-Orient en février.
Les combats entre les forces gouvernementales et les houthistes se poursuivent aussi sur le littoral du Yémen, où des sources militaires ont affirmé, lundi, que les forces progouvernementales avaient coupé la seule voie d’approvisionnement vers la ville de Moka, prise par les houthistes en septembre – s’abstenant toutefois de confirmer officiellement la reprise de ce port stratégique. Les houthistes n’ont pas encore commenté ces informations.
Le Monde avec AFP


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