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« La vie, telle que tu la connais présentement, peut basculer en un claquement de doigts. » Geneviève Paquin, maman de Charles-Émile, un garçon de 9 ans, est pleine de reconnaissance. En septembre dernier, alors qu’il était à vélo dans son quartier, son fils a fait une grave chute. Une artère cérébrale a été touchée, ce qui lui a causé trois AVC dans les semaines qui ont suivi. Heureusement, il portait son casque.
La mère sait très bien que, sans ce casque, elle aurait perdu son fils. Il n’aurait pas été avec nous, avoue-t-elle.
C’est dans ce contexte que Geneviève Paquin s’implique aujourd’hui en tant qu’ambassadrice de la tournée « Jamais sans mon casque ». Elle souhaite que la vie de tous les enfants soit épargnée par le port de cet important équipement de protection.
Le cerveau, c’est l’essence de la personne. Nous, on ne voulait pas perdre l’essence de Charles-Émile. [...] C’est le message que j’aimerais lancer aux parents, pour que ça devienne une culture. [...] Il ne faut pas arrêter de pratiquer les sports qu’on aime, il ne faut pas démoniser ça, il faut mettre de l’avant la pratique sécuritaire.
Concrètement, « Jamais sans mon casque », ce sont 57 parcours de 100 kilomètres à vélo qui relient des écoles de différentes régions. À compter du mois de mai, dans chaque école auront lieu des ateliers de sensibilisation au port du casque. Chaque établissement visité recevra également un don de 57 casques de vélo, de quoi permettre à des familles moins nanties d’avoir accès à cette protection.
En Estrie, 600 casques seront distribués. Le tiers d'entre eux reviendront à des enfants sherbrookois.
On voit encore trop de gens, jeunes et moins jeunes, soit par culture, éducation, fierté ou oubli, qui ne portent pas le casque et s’exposent à des blessures graves, a mentionné le directeur et fondateur de l’organisme Avec toute ma tête, Simon Poulin. C’est ce groupe qui est l'initiateur de la tournée.

Simon Poulin est le directeur et fondateur de l'organisme Avec toute ma tête.
Photo : Radio-Canada / Pierrick Pichette
Sherbrooke comme point de départ
C’est le 4 mai prochain que la tournée démarrera. Un parcours de Sherbrooke à Compton donnera le coup d’envoi à l’initiative. Pour Simon Poulin, il était tout naturel de cibler l’Estrie comme point de départ.
Les collaborations ici sont assez fortes aux niveaux régional et municipal. Pour donner le ton à cette tournée, c’est tout indiqué, Sherbrooke.
Sherbrooke demeure à ce jour la seule ville québécoise à avoir rendu obligatoire le port du casque pour toutes les personnes de moins de 18 ans qui circulent à vélo, à trottinette ou en planche à roulettes, notamment.
L'histoire de Charles-Émile est à la fois belle et terrible. On ne veut pas que nos jeunes vivent de telles aventures. On veut les protéger, et la meilleure façon de les protéger, c'est en portant le casque. Comme parents, comme dirigeants, on veut montrer l'exemple, explique la mairesse, Marie-Claude Bibeau.

Ces casques peuvent sauver des vies, rappelle l'organisme Avec toute ma tête. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Eli Chamberland
Le financement amputé
Au total, près de 6000 casques seront offerts à des élèves québécois dans le besoin au cours des prochains mois. Bien qu’il s’en réjouisse, M. Poulin regrette de ne pas pouvoir en donner autant que l’an dernier. La dernière tournée avait permis d’offrir pas moins de 28 000 équipements de protection. Des partenaires financiers se seraient retirés, à son plus grand désarroi.
Le calcul actuariel est simple. Combien peut coûter un traumatisme craniocérébral au système de santé versus un casque? […] Ce n’est pas une dépense, c’est un investissement. C’est en vies humaines qu’on paie sinon.
Il y a un essoufflement.
Selon le Dr Wayne Smith, qui a œuvré pendant des décennies comme urgentologue au CIUSSS de l'Estrie – CHUS, une personne victime d’un traumatisme craniocérébral coûtera, pendant la première année de ses traitements, 400 000 $ au système de santé.
On ne sait jamais quel sera le succès de tout ça, alors ça continue de coûter cher pendant des années. Sans parler de ce que la famille vit, ce qui n’a pas de prix.

Charles-Émile, 9 ans, a subi trois AVC.
Photo : Radio-Canada / Pierrick Pichette
Quant à Charles-Émile, impossible pour l’instant de savoir s’il pourra reprendre une vie normale. Il a réappris à utiliser ses membres, mais les divers traitements qu'il a reçus ont entraîné une réponse inflammatoire de son organisme. Son quotidien est donc parsemé de visites à l’hôpital au cours desquelles il reçoit, entre autres, des injections pour contrôler son inflammation.
C’est vraiment exploratoire le protocole médical qu’il vit. C’est un enfant en santé à la base, donc tout ça découle du traumatisme qu’il a subi [...] Les répercussions de cette chute du 3 septembre, nous, on les vit encore en mars, témoigne sa maman.
Chose certaine, le courage du jeune homme a de quoi en inspirer plus d’un. Ses rêves, ses ambitions et sa détermination sont encore bien vivants, et c’est en partie grâce à son casque.


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