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L’année 2025 a été légèrement plus chaude que la normale à l’Île-du-Prince-Édouard. Après 2024, année la plus chaude jamais enregistrée dans la province, la tendance au réchauffement se poursuit.
En 2025, les températures étaient supérieures de près d’un degré Celsius à la normale dans toute la province. L’année dernière se classe au 11e rang des années les plus chaudes enregistrées depuis le début des relevés en 1850.
Pour la plupart de l'année, c'est plus chaud que la normale [moyenne climatique de 1991-2020], confirme Jim Prime, météorologue pour Environnement et Changement climatique Canada.
À Charlottetown, dix mois sur douze ont enregistré des températures plus élevées que les normales de saison. À Summerside, neuf mois de l'année ont été au-dessus des normales saisonnières.
Dans les deux plus grandes villes de la province, mars 2025 a été le 5e mois de mars le plus chaud jamais enregistré depuis le début des relevés.
L’été a également été très chaud. En juillet et en août, la province a connu trois vagues de chaleur où la température a dépassé 28 degrés Celsius pendant au moins trois jours.
Nous avons battu des records et enregistré des températures extrêmement élevées en août, rappelle Don Jardine, chargé de cours à l'École des changements climatiques et de l'adaptation de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard.
+ 1,2 °C de réchauffement depuis 1850
À Montague, 40 degrés Celsius ont notamment été enregistrés, un record absolu de température depuis les premiers relevés.
Deux autres records historiques ont été dépassés le 13 août 2025. Dans la baie de Saint Peters, le mercure a atteint 34,1 degrés Celsius et il a atteint 35 degrés Celsius à Summerside. Il s’agit des températures les plus élevées jamais mesurées à ces endroits depuis 1898.
Tout cela nous indique que la tendance est clairement à la hausse des températures.
La température moyenne annuelle à l’Île-du-Prince-Édouard a ainsi augmenté d’environ 1,2 degré Celsius depuis le début des relevés en 1850, rapporte le scientifique.

Pour Don Jardine de l'Université de l’Île-du-Prince-Édouard, la province aura du mal à limiter l'augmentation de la température en dessous de 1,5 degré Celsius. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Wayne Thibodeau
C'est plus chaud, mais ce n'est pas très grand. Je suis certain que les températures dans d’autres régions du Canada ont changé plus que ça, estime pour sa part Jim Prime.
Au niveau des températures mondiales, le réchauffement a dépassé en 2024 le seuil symbolique de 1,5 degrés Celsius par rapport à la période pré-industrielle.
L’accord international de Paris, signé notamment par le Canada en 2015, préconise pourtant de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5 °C.
Sécheresse extrême à l’été 2025
À l’Île-du-Prince-Édouard, Don Jardine explique que les températures plus élevées dans l'océan Atlantique Nord, liées au réchauffement climatique, influencent fortement les températures de l’air.
Si la température de l'océan continue de monter, nous continuerons à observer une hausse des températures à l’île.
La province a par ailleurs connu une sécheresse extrême entre juillet et septembre. Durant cette période, elle n’a reçu que la moitié des précipitations qu’elle reçoit habituellement.
La pluie s’est faite particulièrement rare dans l’ouest de l’île. Une station d’Environnement Canada, installée à North Cape, a par exemple enregistré 712 millimètres de pluie en 2025, contre 932 millimètres à Charlottetown.
Le printemps a été assez pluvieux, mais nous n'avons pas eu de la pluie au bon moment pour la croissance des cultures et les récoltes, observe Don Jardine.
Pour le scientifique, la tendance au réchauffement et à la multiplication des évènements météorologiques extrêmes se poursuivra dans les années à venir.


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