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Alors qu’une troisième vague de chaleur intense s’abat sur le pays en quelques semaines, Météo France indique recevoir moins de commentaires climatosceptiques.

Le célèbre meme « this is fine » est régulièrement utilisé sur les réseaux sociaux pour alerter sur le dénis et l’inaction face au changement climatique. Capture d’écran.
Alors que la France vit écrasée par la chaleur depuis des semaines, ne bénéficiant que de courts répits, le changement climatique devient de plus en plus difficile à nier. Depuis des dizaines d’années, les scientifiques alertent sur le fait que les canicules seront plus longues, plus intenses et plus étendues à mesure que les gaz à effet de serre s’accumulent dans l’atmosphère. Mais beaucoup refusaient d’y croire.
Or les fortes chaleurs enregistrées en mai, puis en juin, et à nouveau en ce début de mois de juillet semblent faire bouger les choses. Météo France affirme recevoir beaucoup moins de commentaires mettant en doute la réalité du changement climatique ces temps-ci. « Alors que nous voyons d’habitude énormément d’attaques climatosceptiques sur nos communications, là ça a beaucoup baissé », a indiqué Virginie Schwarz, la directrice générale de Météo France, mercredi 8 juillet, à l’occasion d’une audition au Sénat.
Le reste de l’année, Météo France est habitué à voir « la désinformation climatique » occuper les réseaux sociaux et notamment l’espace commentaires sous ses publications. D’ailleurs, depuis un peu plus d’un an, le prévisionniste « a pris le parti de répondre systématiquement par des éléments objectifs, des éléments scientifiques », indique Virginie Schwarz. Un pari gagnant, puisque ces réponses sont relayées et comprises.
Mais ces derniers jours, le prévisionniste n’a pas fait face à l’habituelle montagne de commentaires climatosceptiques. Pourtant, il a publié quasiment chaque jour sur X pour alerter sur la chaleur, y compris au plus fort de la canicule de juin, lorsque 72 départements ont été placés en vigilance rouge dans la même journée. Le caractère exceptionnel de cet épisode aurait-il provoqué une prise de conscience ?
Les effets du changement climatique sous nos yeux
Interrogée sur l’évolution de la perception du changement climatique par les Français, la présidente de Météo France a indiqué aux sénateurs de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable que « la perception du risque » s’accentuait. « On a 57 % des Français qui nous disent avoir adapté leurs comportements à la suite d’un avertissement de vigilances », note-t-elle. « Donc ils ont intégré que ces phénomènes ont un impact qui les concerne directement dans leur vie quotidienne et qu’il faut agir pour préserver leur sécurité. »
Agir au jour le jour, en s’abritant de la chaleur et en prenant des nouvelles de ses proches. Mais aussi agir sur le long terme, en isolant son logement, en soutenant des politiques de transition écologique et de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Car si l’action climatique se poursuit telle quelle, ce type de vague de chaleur se produira quasiment une année sur deux à l’horizon 2100, selon les prévisions.
Cette tendance est déjà nettement visible. « Entre 2004 et 2014 on a eu peu d’épisodes de canicules orange, avec même des années sans épisodes. À l’inverse, depuis 2019, presque tous les ans, on a eu un épisode de canicule déclenchant la vigilance rouge », rappelle Virginie Schwarz.
La vague de chaleur de juin 2026 a été la plus chaude jamais enregistrée en France. Voir grimper le thermomètre au-delà de 40 °C un peu partout dans l’Hexagone est une chose, mais en subir les conséquences en est une autre. Hôpitaux surchargés, élevages décimés, forêts transformées en brasier… L’impact du changement climatique est devenu concret, plus que jamais.
Gare au « climatodénialisme »
Puisque le changement climatique transforme notre quotidien, il devient bien plus difficile de nier son existence. Est-ce pour autant la fin du climatoscepticisme ? Probablement pas. En 2019 et en 2022, la France a déjà connu des canicules et des incendies marquants. S’est alors opéré un tournant, favorable à une autre forme de négation de la science : le climatodénialisme.
« C’est le fait de rejeter la responsabilité humaine sur le changement climatique. Donc, nier le fait établi qui montre que le cumul du CO2 dans l’atmosphère introduit un excès d’énergie dans le système climatique et est responsable en intégralité du changement climatique que l’on observe », explique le climatologue Christophe Cassou au Parisien.
En clair, on admet que le changement climatique est là, mais on refuse de reconnaître qu’il est lié à nos émissions et donc à l’activité humaine. De quoi justifier de continuer à prendre l’avion, à manger de la viande chaque jour et de refuser les lois pour la transition écologique. Pour justifier que le climat se réchauffe, on se raconte qu’il a toujours changé ou que cela s’explique par des facteurs naturels.
Or, depuis 2007, le Giec a clairement établi que le réchauffement climatique est causé par les activités humaines. Si la Terre a toujours connu des variations naturelles, avec des cycles de réchauffement et de refroidissement, le changement actuel est bien plus rapide et intense.
Pour l’illustrer, prenons l’exemple de l’un des réchauffements naturels les plus importants et rapides de l’histoire de la Terre : le « maximum thermique du passage Paléocène-Eocène ». Il y a 55 millions d’années, ce réchauffement a fait augmenter les températures d’entre 5 et 8 °C. Cela a pris plusieurs milliers d’années, alors qu’aujourd’hui, en à peine plus de 100 ans, la température mondiale a déjà augmenté de 1,3 °C, et le Giec prévoit qu’elle atteindra + 1,5 °C au plus tard d’ici 2030. Météo France n’a pas fini de faire de la pédagogie.


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