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La Saskatchewan et l’Alberta pressent Ottawa d’autoriser un poison contre les spermophiles

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Les gouvernements albertain et saskatchewanais pressent Ottawa de lever l'interdiction sur un poison utilisé contre les spermophiles alors que des agriculteurs signalent une augmentation des dégâts causés aux cultures et des blessures subies par le bétail.

L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) a rejeté la proposition d’autoriser une utilisation urgente de la strychnine liquide de 2 % pour contrôler la population croissante de spermophiles de Richardson.

En 2024, l'ARLA a banni l’usage de la strychnine en 2024 après une enquête menée par Santé Canada. Le ministère auquel l’agence est rattachée avait conclu que les utilisations de la strychnine ne répondaient pas aux exigences de protection de l'environnement et a décidé de toutes les interdire.

Plus précisément, l'usage de ce produit présentait un risque d'empoisonnement secondaire de la faune sauvage qui consomme les carcasses.

Destructions des champs et dommages collatéraux

Don Connick est propriétaire ferme d'une dans le sud-ouest de la Saskatchewan. Il affirme qu’il a constaté la présence de nombreux terriers de spermophiles sur le terrain de son voisin exploitant agricole.

On aurait dit que le champ avait été bombardé, assure Don Connick.

Des agriculteurs affirment que les populations de spermophiles ont considérablement augmenté depuis l'interdiction de la strychnine, ce qui a entraîné davantage de dégâts aux cultures, ainsi que des blessures chez le bétail. Selon des propriétaires, certains de leurs animaux se blessent en marchant dans les trous creusés par les rongeurs.

[Les spermophiles] ont atteint des proportions épidémiques dans de nombreuses régions, poursuit Don Connick.

Bill Huber, le président de l’Association des municipalités rurales de la Saskatchewan, affirme que les rongeurs prospèrent dans des conditions plus sèches. Or, certaines régions de la Saskatchewan ont connu près d'une décennie de sécheresse.

Ils ont défriché les sommets des collines sur des champs entiers couvrant des centaines et des centaines d'hectares, affirme Bill Huber.

James Thorsteinson, secrétaire législatif du ministre de l'Agriculture de la Saskatchewan, a indiqué que les dégâts causés par les spermophiles avaient entraîné des pertes de plusieurs millions de dollars cette année.

Chaque région de la province compte des zones où vivent des dizaines de milliers de spermophiles. C'est fou, dit-il.

C’est pour répondre à ces appels que l’Alberta et la Saskatchewan ont demandé l'ARLA de revoir sa décision concernant l'interdiction de ce poison.

Le ministre albertain de l’Agriculture, RJ Sigurdson, se dit déçu du refus de cette dernière de revenir sur sa décision.

Les répercussions en aval contribueront également à la crise actuelle de l'accessibilité et de la sécurité alimentaire à laquelle nous faisons face au Canada, affirme-t-il.

La persistance malgré un refus

Lorsque l'interdiction a été mise en œuvre en 2024, l'ARLA a noté que les espèces menacées par l'utilisation de la strychnine étaient le renard véloce et la chevêche des terriers, une sorte de chouette.

Elle avait aussi des préoccupations concernant les bonnes pratiques à adopter pour utiliser le poison et si les agriculteurs inspectaient régulièrement leurs champs à la recherche de spermophiles morts pour éviter des empoisonnements secondaires.

Santé Canada a indiqué, dans un communiqué, que ses préoccupations restaient d'actualité.

De plus, le ministère assure avoir pris en compte les questions soulevées par le secteur agricole, mais que les exigences en matière d'environnement et de sécurité sanitaire étaient prioritaires. Dans sa déclaration, le ministère ajoute qu'il existe d'autres produits antiparasitaires.

Cependant, les agriculteurs et le secrétaire législatif du ministre de l'Agriculture de la Saskatchewan, James Thorsteinson, affirment que les solutions de rechange ne sont pas aussi efficaces que la strychnine.

L'Alberta et la Saskatchewan continueront d'exhorter Ottawa à revoir sa décision, précise James Thorsteinson.

Nous devons également examiner la question sous l'angle économique, et pas seulement sous l'angle environnemental, ajoute-t-il.

Don Connick a bon espoir que l'ARLA acceptera la proposition des provinces. Il a eu recours à d'autres poisons ou à la chasse aux spermophiles pour contrôler les populations l'année dernière, mais sans succès.

Pourtant, de son propre aveu, le Saskatchewanais aimerait mieux trouver une meilleure solution.

Je ne suis certainement pas un grand amateur de l'utilisation de poisons, comme la strychnine. J'aimerais qu'il existe une solution de rechange viable, confie-t-il. Je pense que nous devons être conscients que la strychnine, lorsqu'elle est utilisée conformément aux instructions, est relativement sûre.

Avec les informations de La Presse canadienne

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