Il y a toujours quelque chose d'étrange à regarder Elena Rybakina jouer au tennis. Sa force n'a d'égale que sa fragilité apparente. Sa détermination durant les échanges, notamment en revers, et sa capacité à jouer en avançant, à dominer l'échange, semblent s'évaporer dès que le point est joué. Elle cueille et accueille ses triomphes en silence, avec une moue timide, un sourire gêné, au mieux un bras subrepticement levé pour remercier le public.
Cette championne de peu de mots paraît étrangère à son propre destin. Lors de sa première grande victoire, à Wimbledon en 2022, la salle de presse lui avait fait un procès à la Meursault, lui reprochant de ne pas exprimer d'émotions à la hauteur du moment.


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