Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, le 28 février dernier, environ 1500 navires sont bloqués, à l’ancre, dans le golfe Arabo-Persique; il en est de même pour des centaines d’autres dans le golfe d’Oman. Au fil des semaines, les organismes marins qui vivent dans ces eaux chaudes et très salées s’accumulent sur les coques des navires. C’est ce que les spécialistes appellent l’encrassement biologique, biofouling en anglais. Un mélange de plancton, de végétaux, de bactéries, de virus et de larves, mais aussi de macrofaune (coquillages, anémones, vers, éponges, etc.) qui se fixent d’autant plus facilement que les navires sont à l’arrêt.
Une fois installés sur les œuvres vives – les éléments immergés des navires – ou dans les eaux de ballast utilisées pour stabiliser les coques, ces organismes marins voyagent au gré du commerce international (et de la plaisance) et provoquent parfois de vrais désastres. C’est par exemple le cas de la moule zébrée Dreissena polymorpha (ou/et de sa cousine quagga), originaire de cours d’eau de l’est européen, qui a notamment traversé l’Atlantique et remonté les grands fleuves nord-américains dans les années 1980 jusqu’à s’installer dans les Grands Lacs. Particulièrement féconde, elle a rayé de la carte des dizaines d’espèces de moules endémiques et endommagé des usines hydroélectriques. On la retrouve un peu partout en Europe, Suisse comprise, où elle est arrivée en 2014.


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