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La nouvelle réglementation québécoise sur la vente de véhicules zéro émission (VZE) aura pour impact de réduire de 40 % les ambitions gouvernementales d’électrification du parc automobile et d’imposer une facture supplémentaire de 10 milliards de dollars aux Québécois.
C’est du moins ce qu’indique une analyse d’impact réglementaire publiée récemment par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP).
Sur une trentaine de pages, ce dernier s’est penché sur la décision, annoncée en juin par la ministre Pascale Déry, de réduire à 80 % les quotas de ventes de véhicules neufs sans émissions polluantes. À l’époque, l’élue du gouvernement de Christine Fréchette avait dit avoir adopté une « approche équilibrée » qui réduirait la pression sur le portefeuille des Québécois.
Or, bien qu’elle soit susceptible d’entraîner des économies d’ici 2030, la décision risque, à plus long terme, de créer « des coûts nets d’environ 10,3 milliards de dollars pour les consommateurs », dont une forte augmentation des dépenses énergétiques, calcule le MELCCFP. À cela s’ajouterait un « coût social des émissions de GES [gaz à effet de serre] et des polluants atmosphériques » de 9,4 milliards d’ici 2035.
Les constructeurs automobiles, à qui la ministre caquiste avait dit vouloir donner un répit, s’en tirent beaucoup mieux, si on se fie à l’analyse d’impact. Si le règlement est bel et bien adopté, ces derniers effectueront des économies de 2,7 milliards de dollars sur l’ensemble de la période étudiée.
« En somme, la modification réglementaire générerait un coût net total de 17,0 milliards de dollars, d’ici 2035, pour l’ensemble des acteurs concernés », écrit le MELCCFP.
Moins de 2 millions en 2030
Et ce n’est pas tout. En plus de créer des coûts importants, la décision de réduire de nouveau la « norme VZE » met grandement en danger l’atteinte de la cible québécoise d’électrification du parc automobile.
Ces dernières années, le gouvernement caquiste a répété à qui mieux mieux que deux millions de véhicules électriques circuleraient sur les routes du Québec en 2030. L’objectif figure même encore sur la page Web décrivant les quotas québécois de ventes de VZE.
Selon l’analyse du MELCCFP, pourtant, le gouvernement entraînera, en réduisant encore davantage sa norme, « une diminution du nombre de [véhicules électriques] attendus sur les routes au Québec, en 2030, qui atteindrait 1,2 million et non plus 2 millions ».
« Cette diminution mènerait à un déficit pouvant aller jusqu’à 3,2 Mt [mégatonnes] dans nos objectifs de réduction d’émissions de GES, d’ici 2035, par rapport à la norme VZE actuelle », peut-on lire.
Le ministère souligne que Québec aurait pu attendre qu’Ottawa prenne une décision finale sur ses propres quotas de véhicules électriques avant de modifier son règlement. Il a toutefois « été jugé préférable de faire les changements dès que possible, afin d’offrir un répit aux constructeurs automobiles pendant la période d’incertitude actuelle ».
C’est la deuxième fois que le gouvernement caquiste décide de réduire sa « norme VZE ». Il l’avait fait une première fois en septembre 2025, quand Bernard Drainville était ministre de l’Environnement. Il avait alors affirmé qu’il prenait cette décision pour « rassurer les concessionnaires ».


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