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Les précipitations très fréquentes en février ont nourri les nappes phréatiques en eau, mais cette « recharge hivernale » ne prémunit pas l’Hexagone de la sécheresse estivale.
Par Maxime Dhuin avec AFP

VALERY HACHE / AFP
La recharge des nappes phréatiques grâce aux pluies est « exceptionnelle », mais il ne faut pas se réjouir trop vite. (photo d’illustration)
Les fortes pluies de février, qui ont causé d’importantes inondations en France, ont aussi alimenté les nappes phréatiques, indique ce mardi 10 mars le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM). « Sur l’ensemble du territoire, les pluies de février ont permis une recharge importante des nappes », d’une nature « très exceptionnelle », explique le service géologique national.
« On a une très forte amélioration des situations, en lien avec cette recharge très active et toutes les pluies qui se sont infiltrées en profondeur vers les nappes », a souligné Violaine Bault, hydrogéologue du BRGM, lors d’une visioconférence. Mais « l’impact des pluies a été différent selon la réactivité de la nappe et selon l’humidité des sols », sachant que « les sols secs ou les sols saturés peuvent limiter l’infiltration en profondeur des pluies », a-t-elle rappelé.
La situation est « excédentaire » sur les trois quarts du pays et « seules quelques nappes du quart nord-est du territoire ont encore des niveaux modérément bas mais la situation s’améliore et les tendances d’évolution sont à la hausse », précise le BRGM dans son bulletin de situation au 1er mars, accompagné d’une carte que vous pouvez voir ci-dessous. Dans le Roussillon, qui a connu plusieurs années de grave sécheresse, « on n’avait pas connu des niveaux au-dessus des normales depuis le début de l’année 2022 », a précisé Violaine Bault.
La France a connu son mois de février le plus pluvieux depuis 1959, selon Météo-France, avec un défilé de perturbations et tempêtes. Ces précipitations sur des sols saturés en eau ont notamment entraîné des débordements de cours d’eau et d’importantes inondations dans l’ouest du pays. Les pluies du mois de février ont permis une recharge « active » avec 84 % des niveaux en hausse (contre 56 % en janvier), indiquent les experts du BRGM.
L’Hexagone pourrait malgré tout connaître une sécheresse estivale
Concernant l’avenir, « on est à l’abri pour les prochains mois », a souligné Violaine Bault, mais la situation au-delà dépendra d’autres facteurs, dont le niveau des pluies du printemps. « Le bilan provisoire de la recharge hivernale 2024-2025 permet d’espérer des niveaux satisfaisants sur une grande partie des nappes réactives pour le trimestre prochain », détaille le service géologique, en référence aux nappes qui réagissent fortement aux précipitations.
Pour celles-ci, « les pluies du printemps seront essentielles pour conserver des niveaux au-dessus des normales le plus tardivement possible ». Pour les nappes inertielles, qui réagissent lentement, l’infiltration des pluies de février se poursuit dans certaines régions et « les prévisions pour l’été 2026 sont incertaines. »
Dès la fin février, l’hydrologue Emma Haziza citée par Le HuffPost expliquait que les « quantités de pluie astronomiques » tombées au cours des dernières semaines ne signifient pas que l’Hexagone « ne craint plus rien pour l’été ». La spécialiste mentionnait l’exemple de l’été 2018, précédé par des mois très pluvieux avec « un excédent généralisé dans les nappes phréatiques de + 30 % ».
Il avait suffi de « trois semaines de canicule en juillet » pour faire « plonger l’état des sols et des nappes dans une situation pire que celle de l’année précédente qui avait connu dix mois sans précipitations et battu des records historiques de sécheresse ». Et la spécialiste de rappeler qu’un pareil scénario « peut tout à fait se reproduire cette année ».


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