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Les problèmes dans le domaine de la santé en région éloignée sont peu mis de l’avant par les candidats aux élections provinciales, selon des professionnels qui pratiquent en Abitibi-Témiscamingue.
On a perdu 34 médecins [dans] la région depuis 2022, constate le Dr Jean-François Verville, président de l'Association des médecins omnipraticiens du Nord-Ouest. On est moins attractif qu’on l’a déjà été et il y a les retraites, signale le médecin qui pratique à La Sarre, en Abitibi-Ouest.
Dans les différents services, comme les salles d’urgence, l’obstétrique et les centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD), il manque aussi des infirmières.
Et le report d’un an de la fin du recours aux agences privées en santé dans plusieurs régions n’est pas suffisant, selon Jean-Sébastien Blais, président du Syndicat interprofessionnel en soins de santé de l’Abitibi-Témiscamingue (FIQ-SISSAT).
J’ai l’impression qu’on n’a pas de vision en ce moment pour les régions.
Je pense que la prochaine crise en santé va se jouer dans les régions éloignées. Il est temps que les gouvernements et les partis s’y intéressent et regardent avec des projets porteurs pour les différentes régions éloignées qui ont beaucoup de difficultés avec les soins de santé, indique également le Dr Jean-François Verville.
Travaux et infrastructures
Les infrastructures ont aussi besoin d’améliorations. Ça devrait être une priorité, signale le Dr Verville. Abondant dans le même sens, Jean-Sébastien Blais vise une plus grande planification des besoins de main-d’œuvre en fonction des projets.
Le projet de modernisation de l’hôpital d’Amos, dont la livraison est prévue pour 2036, prévoit notamment l’agrandissement du bloc opératoire. Présent à la conférence de presse de juillet dernier, Jean-Sébastien Blais soutient avoir questionné les responsables pour connaître le plan pour le personnel nécessaire. On m’a dit : "On verra ça en temps et lieu".

L’Hôpital d’Amos est le plus actif au niveau des chirurgies en Abitibi-Témiscamingue. (Photo d'archives)
Photo : Martin Guindon
Les délais d’attente pour des chirurgies en orthopédie, comme les hanches et les épaules ou les genoux, sont extraordinairement longs, note le Dr Verville.
Les délais pour voir un orthopédiste quand on réfère nos patients, c’est de 18 à 24 mois pour le rencontrer et après, c’est un délai de 12 à 15 mois pour être opérés, décrit-il.
Des fois, nos députés et nos gouvernements vont sur un dossier et disent : "On a mis ça à Amos, donc on a réglé le dossier de l’Abitibi”, mais il y a des dossiers ailleurs qui traînent et qui sont tout aussi importants.
Jean-Sébastien Blais et Jean-François Verville étaient invités mardi à l’émission Ça vaut le retour pour se prononcer sur le milieu de la santé en Abitibi-Témiscamingue, un enjeu important pour la campagne électorale.
Rappelant qu’il faut aussi avoir suffisamment de personnel pour améliorer les services, Jean-Sébastien Blais donne en exemple l’ouverture graduelle des maisons des aînés et alternatives de Val-d’Or et de Rouyn-Noranda.
Des problèmes de ventilation et de stérilisation pour les chirurgies à l’hôpital de Val-d’Or ont aussi été dénoncés, de même que les délais des travaux à faire à l’hôpital de Rouyn-Noranda, après l’incendie de l’été 2025, et qui devraient se terminer en 2028.

Cette section du 2e étage de l'hôpital de Rouyn-Noranda a été détruite par l'incendie. C'est dans ce secteur du 2e étage que se trouvait la pédiatrie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
Les soins à domicile, c’est l’avenir
Les investissements doivent aussi toucher les soins à domicile, selon Jean-Sébastien Blais. Il soutient que le nombre d’heures pour les soins infirmiers à domicile a diminué. Il soulève l’importance d’aider la population à rester à la maison et y recevoir des soins.
Si les gens ont des besoins un peu plus grands, peut-être d’investir dans les aidants naturels. La vie va tellement vite aujourd’hui, les gens ont de la difficulté, peut-être reconnaître un peu plus justement cette particularité là pour les gens qui sont aidants naturels et qui pourraient nous aider aussi, souligne le président de la FIQ-SISSAT, Jean-Sébastien Blais.
Manque de médecins
On a déjà été 240 médecins de famille en Abitibi-Témiscamingue, on est rendu 196, a rappelé le Dr Verville. Selon les données de janvier dernier, près de 19 000 personnes étaient inscrites au Guichet d’accès à un médecin de famille.
Au 31 juillet 2025, plus de 150 personnes attendaient depuis plus d'un an pour se faire opérer. Plus de 2600 patients étaient inscrits sur la liste d’attente pour subir une opération.


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