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Un incendie dans le centre de santé temporaire de la Première Nation de Neskantaga a de nouveau plongé la communauté dans le désarroi. Cette nouvelle situation intervient plus de quatre semaines après que la Première Nation a déclaré l’état d’urgence en raison d’un déversement d’eaux usées dans ce même poste de soins infirmiers.
Située à 440 kilomètres au nord-est de Thunder Bay, Neskantaga compte moins de 400 habitants.
Le déversement initial est survenu seulement cinq jours après le retour de 140 résidents, évacués à Toronto à cause de feux de forêt.
Aujourd’hui, l'incendie force environ 250 des membres les plus vulnérables de la communauté à s’exiler à nouveau vers la métropole ontarienne.
Des représentants de Services aux Autochtones Canada (SAC), dont le directeur général régional pour l’Ontario, se sont rendus sur place jeudi pour évaluer la situation.
Dans une déclaration publiée le lendemain, le chef de Neskantaga, Gary Quisses, a indiqué avoir constaté avec eux que les travaux de réhabilitation effectués précédemment sur le poste de soins infirmiers n’ont pas été réalisés conformément au code.

Une photo d'archives du panneau de bienvenue du poste de soins infirmiers de la Première Nation de Neskantaga, construit en 1994.
Photo : Radio-Canada / Marc Doucette
Les anomalies incluent une brèche de 15 centimètres (six pouces) dans le mur extérieur menant au vide sanitaire, ainsi que de la moisissure noire causée par un refoulement d’eaux usées brutes dans le sous-sol.
La ministre des Services aux Autochtones, Mandy-Gull Masty, est en contact direct avec le chef Quisses, selon un porte-parole de SAC.
SAC travaille en étroite collaboration avec la Première Nation pour identifier et mettre en œuvre des solutions provisoires de services de santé supplémentaires pendant que l’évaluation de l’installation principale est en cours, a précisé Maryéva Métellus dans un courriel envoyé à CBC mardi.
En plus du financement disponible, SAC est prêt à fournir une assistance pratique dans divers domaines, allant de la planification et de la coordination au soutien sur le terrain.
Nous ne voulons pas d’étude de faisabilité
Depuis le déversement d’eaux usées, le Centre de ressources pour l’enfant et la famille de Neskantaga fait office de clinique temporaire.
Peu après la visite de SAC, un radiateur d’appoint y a provoqué un début d’incendie, a révélé le chef Quisses.
Bien que le bâtiment reste opérationnel, le chef souligne qu’il n’est pas adapté pour recevoir du matériel médical.
La Première Nation explore d’autres options temporaires, comme l’utilisation de son bureau administratif, le raccordement de bâtiments modulaires ou la réaffectation de roulottes scolaires.
Ce que je veux pour ma communauté, c’est une clinique fonctionnelle sur place qui puisse nous accueillir afin que nous puissions rapatrier nos membres, a confié Gary Quisses à CBC News mardi.

Le Centre de ressources pour l’enfant et la famille de la Première Nation de Neskantaga sert temporairement de poste de soins infirmiers.
Photo : Nation Nishnawbe Aski/Facebook
Ce n’est pas la première fois que l’état du poste de soins infirmiers, construit en 1994, force l’évacuation d’habitants.
L’an dernier, les membres les plus vulnérables de la communauté ont dû être relocalisés pendant trois mois en raison d’une inondation et d’une odeur de carburant.
En parallèle, Neskantaga détient toujours le triste record du plus long avis d’ébullition de l’eau au Canada, en vigueur depuis 31 ans.
Bien qu’aucun calendrier ne soit fixé pour la réouverture du poste permanent, le chef Quisses continue de réclamer une nouvelle construction.
Nous ne voulons pas d’une étude de faisabilité. Nous voulons passer à l’étape supérieure, celle de la préconception, c’est ce que nous demandons, insiste-t-il.
Les chefs de Matawa réclament un groupe de travail
La Première Nation de Neskantaga appartient au conseil tribal Matawa First Nations Management, qui regroupe neuf Premières Nations de la région.
Dans un communiqué publié la semaine dernière, le conseil a qualifié la situation à Neskantaga de résultat de l’échec des Couronnes du Canada et de l’Ontario.

De l’isolant est visible à l’intérieur du poste de soins infirmiers temporaire de la Première Nation de Neskantaga, ce jeudi. Le bâtiment fait actuellement l’objet de réparations à la suite d’un déversement d’eaux usées survenu au début du mois d’août, qui a forcé sa fermeture.
Photo : Première Nation Neskantaga/Facebook
Les chefs de Matawa pressent la ministre Gull-Masty d’accorder un nouveau poste de soins à la communauté.
Ils exigent également que les gouvernements fédéral et provincial créent un groupe de travail dédié, dont le mandat se poursuivra jusqu’à la levée définitive de l’état d’urgence.
Avec les informations de Sarah Law


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