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La plus vieille église acadienne en bois célèbre son bicentenaire

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L'église historique de Barachois, au Nouveau-Brunswick, célèbre ses 200 ans. Menacée par la démolition dans les années 1970, cette église a fait l’objet d’une mobilisation communautaire et a été réinventée en lieu culturel.

C’est la plus vieille église acadienne encore debout, note Rémi Levesque, du comité des célébrations du 200e de l’Église historique de Barachois. Ce passionné d'histoire s’émerveille encore devant la beauté de l’édifice.

Jésus sur un autel dans une église.

La religion catholique a été un pilier fondamental de l'identité acadienne depuis 1604.

Photo : Radio-Canada / Félix Arseneault

Autrefois nommée Saint-Henri-de-Barachois, l'église a ouvert ses portes en juin 1826. À cette époque, un dénommé Antoine Gagnon est devenu responsable de toute la côte est du Nouveau-Brunswick. Il s’occupait de gérer toutes les communautés et Barachois est devenu un centre dont la population augmentait beaucoup.

Les Acadiens d’un peu partout, lorsqu’ils s’établissaient dans un lieu, ils construisaient un clocher, ils construisaient une église pour dire : ''on est là pour rester''. Donc c’est un symbole extrêmement important et c’est exactement ce qui est arrivé. Les gens de la région ont commencé à demander à Antoine Gagnon d’avoir leur propre église, raconte Rémi Levesque.

Antoine Gagnon était très fier de cette église-là, il voulait la montrer. Le 23 juin 1826, il en a profité pour baptiser une petite fille fraîchement née, poursuit-il, précisant qu’elle se nommait Rufine Boudreau.

L'intérieur de l'église de Barachois.

L'intérieur de l'église de Barachois.

Photo : Radio-Canada / Félix Arseneault

Le premier mariage, la même année, était celui d’un couple de Cap-Tourmentin. C’était la seule église qui existait sur ce très grand territoire, rappelle Rémi Levesque.

Depuis qu’il a été érigé, le bâtiment n’a connu que deux changements notables. En 1884, le curé a commandé à Léon Léger de dessiner la façade de l’église.

En 1990, la sacristie a été reconstruite et agrandie. C’est encore celle qu’on voit aujourd'hui.

Sauver son patrimoine

Si l’église est toujours debout, elle a déjà été menacée de démolition.

Dans les années 1970, la population de la région augmente et le bâtiment déborde. La paroisse décide donc de construire une nouvelle église, tout juste à côté.

La nouvelle église ouvre en juin 1974 et automatiquement cette église-ci, la première église Saint-Henri-de-Barachois, ferme ses portes, relate Rémi Levesque.

Une archive photo de la nouvelle église de Barachois.

Une archive photo de la « nouvelle » église de Barachois.

Photo : Radio-Canada

Mais que faire de « la vieille église »? C’est la question qui a été étudiée pendant quelques années. En 1979, les responsables arrivent à la conclusion qu’il faut la démolir.

À l’annonce de cette démolition imminente, la population s’est soulevée.

Toute une communauté s’est ralliée à ce qu’on a appelé la Grosse corvée : une campagne pour amasser des fonds pour sauver le bâtiment et le transformer en centre culturel.

C’est pour ça que les gens ont réagi si fortement, parce qu’on avait dans les années 1960 démoli l’église de Cap-Pelé, Shediac et Cocagne. C’est pour ça que les gens ont dit : assez, c’est assez, on est en train de perdre notre patrimoine et de le démolir, dit Rémi Levesque.

Ça fait partie de la fierté des familles et de leurs ancêtres. C’est les fermiers qui habitaient ici et les pêcheurs. C’est eux, qui ont construit cette église.

Grâce à cet élan, l’église Saint-Henri-de-Barachois devient un lieu culturel en juin 1981. Là, on l’a appelée l’Église historique de Barachois, raconte Rémi Levesque.

La devanture d'une église de bois.

Des expositions artistiques sont en cours en juin à l'église historique de Barachois.

Photo : Radio-Canada / Félix Arseneault

L’Église historique de Barachois conserve aujourd'hui la même vocation de musée et d'espace culturel.

Parmi les expositions permanentes, on note une collection de coussins hookés, de vêtements liturgiques, de statues et de nombreux objets de culte.

S'y trouve également un aboiteau en bon état d’une dizaine de mètres qui a environ 200 ans.

Un coussin hooké en hommage à Viola Léger et son rôle de la Sagouine.

Une importante collection internationale de « coussins hookés » est en exposition dans l'église historique de Barachois.

Photo : Radio-Canada / Félix Arseneault

De nombreuses célébrations sont aussi prévues tout au long de l’été pour souligner la longue histoire de l’église, qui, même 200 ans plus tard, rassemble encore toute une communauté.

Le calendrier des activités estivales est accessible en ligne. (nouvelle fenêtre)

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