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La perpétuité requise pour Delphine Pinto, accusée d’avoir commandité le meurtre de son époux, dans l’Oise

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Lors de son interrogatoire, Delphine Pinto, 48 ans, a assuré mercredi n’avoir «jamais commandité le meurtre» de son époux, tout en ayant pu «souhaiter sa mort» et le faire savoir à son amant.

Elle est accusée d’avoir vécu dans le mensonge et manipulé son mari, jusqu’à commanditer son meurtre en plein divorce: l’accusation a requis la réclusion criminelle à perpétuité jeudi à l’encontre de Delphine Pinto, et d’un homme soupçonné d’avoir tué sur commande. «Derrière Jean-Christophe Piel, combien d’autres vies ont été détruites par cette femme ?», a tonné l’avocat général, soulignant «les mensonges et la simulation, une constante» dans sa vie et demandant que soit retirée l’autorité parentale de Delphine Pinto sur leurs deux filles.

Le représentant de l’accusation a demandé une peine de sûreté maximale de 22 ans pour l’accusée, poursuivie pour complicité de meurtre en bande organisée, et pour le tireur présumé, jugé pour meurtre en bande organisée, soulignant leur «absence totale de remise en question». Ce dernier a déjà été condamné plusieurs fois pour trafic de stupéfiants et délits routiers par le passé.

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Leur culpabilité «n’est pas qu’une hypothèse» mais «la clé» qui permet d’expliquer la mort de Jean-Christophe Piel, un kinésithérapeute de 41 ans abattu d’une balle dans la tête en août 2021 alors qu’il cueillait des roses dans son jardin à Breuil-le-Vert (Oise). L’avocat général a également réclamé 18 ans de réclusion criminelle à l’encontre de «l’intermédiaire», amant de Delphine Pinto, qui a mis cette dernière en relation avec le tireur présumé.

Le magistrat a en outre requis quatorze ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’homme soupçonné d’avoir fourni l’arme du crime, et cinq ans dont un avec sursis à l’encontre du fils issu du premier mariage de Mme Pinto, accusé d’avoir été eu connaissance du plan d’assassinat. Ces réquisitions ont été accueillies avec émotion et soulagement par les proches de Jean-Christophe Piel, nombreux sur les bancs des parties civiles, qui se sont montrés soudés et dignes lors de l’audience.

«Dizaines de contradictions»

L’avocat général a dépeint les «dizaines d’évolutions» et «dizaines de contradictions» dans les versions avancées par les accusés. «À eux cinq, ils ont tout dit et son contraire», a-t-il martelé dans son réquisitoire. Les accusés ont livré au cours du procès des déclarations contradictoires au sujet de leurs différentes rencontres présumées, tous niant leur implication dans le meurtre.

Pour les filles de Delphine Pinto et Jean-Christophe Piel, nées en 2014 et 2017, «il n’y a pas d’autre consolation que la vérité, et cette vérité ne leur a pas été donnée par les co-accusés» a déploré Valérie Bulard, avocate de SOS Jeunesse, administrateur ad hoc de ces petites filles. Mme Pinto, 48 ans, avait assuré mercredi n’avoir «jamais commandité le meurtre» de son époux, tout en ayant pu «souhaiter sa mort» et le faire savoir à son amant. Des témoins ont décrit une femme menaçante et un mari sous emprise.

Une semaine avant sa mort, Jean-Christophe Piel avait bénéficié d’une ordonnance de non-lieu alors qu’il était accusé par Mme Pinto d’agression sexuelle incestueuse sur l’une de leurs petites filles. Il avait également été accusé d’agressions sexuelles par deux des trois autres enfants de Mme Pinto, nés d’une précédente relation mais qu’il avait adoptés. Des «calomnies», a assuré l’avocat général, qui a estimé que M. Piel était un «homme innocent». «Delphine Pinto, ce n’est pas cette mère qui ferait tout pour protéger ses enfants», avait aussi estimé Murielle Bellier, avocate de proches de M. Piel, plus tôt jeudi.

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Me Bellier a dénoncé notamment le mensonge «ignoble» de Mme Pinto, qui avait fait croire à ses enfants que son fils, atteint d’une maladie du dos, allait mourir de façon imminente. Delphine Pinto avait aussi reconnu, après une question du président de la cour, être «mythomane», alors qu’elle a déjà été condamnée avant cette affaire pour des faits d’escroquerie et d’usurpation d’identité. L’avocat général est également revenu sur un appel entre Mme Pinto et son amant, mentionnant des «travaux réalisés» juste après la mort de M. Piel.

«Dès les premiers mots, nous comprenons que l’échange est codé», a-t-il détaillé, assurant que le «vocabulaire commun et connu à l’avance» démontre que «l’échange révèle un unique objet: l’annonce de l’exécution de Jean-Christophe Piel». Le procès doit reprendre vendredi à 9H00 avec les plaidoiries de la défense. La décision sera ensuite attendue dans la soirée.

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