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Samedi après-midi, plusieurs dizaines de Sherbrookois se sont rassemblés à la mémoire d’Alex Pretti, le résident de Minneapolis qui a été abattu par des agents de l’ICE, la police américaine de l’immigration, le 24 janvier dernier.
Alex Pretti était un amateur de vélo et de cyclotourisme. Une semaine après sa mort, une boutique de cyclisme de Minneapolis, Angry Catfish, a lancé l’idée d’organiser des tours cyclistes en son honneur. Ça s’est répandu comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux à travers le monde, souligne Noémie Darveau, coorganisatrice du rassemblement.
Près de 250 rassemblements sont recensés par la plateforme Bikepacking.com. Ils ont lieu ce samedi dans 46 États américains et dans une quinzaine de pays. Au Canada, cinq villes tiennent un rassemblement. Celui de Sherbrooke est le seul à être enregistré au Québec.
Je vois ça comme quelque chose d’un peu plus large qu’un mouvement cycliste. On lève la main, on dit : "On vous voit, on vous entend, on constate ce qui se passe et on est avec vous", souligne Mme Darveau.

Le 31 janvier, environ 250 rassemblements ont eu lieu simultanément un peu partout dans le monde.
Photo : Radio-Canada / Laurence Frappier
C’est au-delà du politique. On est dans un mouvement où on réalise que la paix est troublée, la confiance est rompue. On veut se lever en tant que peuple et descendre dans la rue.
Le rassemblement se voulait une manifestation pacifique pour se mobiliser contre la violence.
On vient de changer de monde. C’est trop de la violence qui prend sa place. Nous, on veut calmer le jeu. On veut dire aux gens : "Parlez, discutez, échangez, négociez, mais pas la violence", raconte Fabien Burnotte, coorganisateur.
Événement rassembleur
Ils sont une vingtaine à avoir bravé le froid ressenti de -16 pour marcher et rouler dans la rue.
C’est une des rares occasions qu’on a d’être solidaires avec les peuples américains, explique un marcheur. La solidarité, c’est le fait d’être là quand il y a des injustices qui en affectent d’autres que nous et qui pourraient éventuellement nous affecter.

Environ 25 Sherbrookois ont marché et roulé du marché de la Gare jusqu'à l'hôtel de ville.
Photo : Radio-Canada / Laurence Frappier
C’est au niveau local, au niveau municipal, qu’on peut faire vivre encore plus que jamais ces espaces de solidarité.
On refuse l’indifférence face à ce qui se passe dans le monde, face à la violence qui se passe, souligne la conseillère municipale Laure Letarte-Lavoie, qui a fait le parcours à vélo. On est chanceux au Québec d’avoir une société respectueuse, où on se sent en sécurité. Mais on le voit que ça peut basculer, ce n’est pas acquis.
Ça dépasse les mots
Les citoyens présents ont parcouru une distance d’environ 1,2 km, accompagnés par des membres du Service de police de Sherbrooke.
On pourrait mettre n’importe quels mots sur l’événement, mais il y a un discours qui se fait sur les mots en ce moment aux États-Unis, raconte Noémie Darveau. Il y a une banalisation de certaines choses, mais il y a aussi des mots qui ne sont pas bien utilisés. Par exemple : "police masquée". On s’entend que ce sont des agents qui n’ont pas de formation comme policiers. Ici, aujourd’hui, on est escortés par des policiers et on est vraiment heureux de l’être. On est heureux d’être au Canada, au Québec, d’avoir cette sécurité-là.


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