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Ryad accuse les Houthis d’avoir lancé un drone vers La Mecque, ce que les rebelles démentent, sur fond de tensions croissantes autour de la mer Rouge.
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Par Rédaction Actu Publié le 16 sept. 2026 à 10h18
La coalition militaire menée par l’Arabie saoudite a accusé mercredi 16 septembre 2026 les Houthis du Yémen d’avoir mené une attaque de drone contre la ville sainte de La Mecque. Ce que ces rebelles pro-iraniens ont démenti.
La veille, la défense aérienne saoudienne a détruit « un drone hostile lancé par la milice terroriste houthie avant qu’il n’entre dans l’espace aérien interdit de la sainte capitale » de l’islam, a écrit la coalition dans un communiqué, soulignant que l’interception avait eu lieu au sud de la ville.
La sécurité des deux saintes mosquées et de leurs visiteurs constitue une ligne rouge.
L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a immédiatement condamné des « attaques odieuses » qui « profanent la sacralité des lieux saints et des mosquées, et heurtent les sentiments des musulmans à travers le monde ».
Les Houthis démentent
Les rebelles Houthis, qui ont multiplié depuis début septembre les attaques contre l’Arabie saoudite, alliée des autorités yéménites, ont démenti avoir ciblé la ville sainte, dénonçant « un mensonge éculé », selon un de leurs responsables, Hazm al-Assad, sur X.
Les autorités saoudiennes avaient émis mardi matin une alerte aérienne pour La Mecque, une première concernant cette ville sainte qui accueille des millions de pèlerins chaque année.
L’ambassade des États-Unis en Arabie saoudite a conseillé mercredi aux ressortissants américains de reconsidérer tout voyage en Arabie saoudite, et de ne se rendre sous aucun prétexte près de la frontière avec le Yémen.
Proches alliés de l’Iran et appartenant à une branche du chiisme, les Houthis ont pris la semaine dernière le contrôle du littoral yéménite qui borde la mer Rouge et contrôle le détroit de Babel-Mandeb, contribuant à la flambée des cours du pétrole qui pèse sur l’économie mondiale.
« Les intérêts du monde »
Le détroit est un passage reliant l’Europe à l’Asie via la mer Rouge et le canal de Suez. Déjà très emprunté avant la guerre au Moyen-Orient, il est devenu encore plus important pour l’Arabie saoudite (premier exportateur mondial de pétrole brut) depuis que l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique.
Sa fermeture serait « catastrophique », a admis mardi le ministère qatari des Affaires étrangères.
Le monde souffre suffisamment de la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, on ne peut donc pas se permettre d’ajouter Bab el-Mandeb à cette équation.
De leur côté, les Houthis assurent qu’il n’existe aucune menace pour la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb, sauf pour les navires saoudiens.
L’Arabie saoudite accusée de viser les civils yéménites
Mardi, le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, avait de son côté accusé les forces armées saoudiennes d’avoir mené au cours des dernières 24 heures « 52 frappes aériennes » visant « des infrastructures civiles », dans plusieurs gouvernorats.
Lundi, les Houthis avaient frappé le sud de l’Arabie saoudite, blessant 13 civils d’après Ryad, qui les accuse de cibler également des infrastructures pétrolières.
Désormais menacée dans les deux détroits, l’Arabie saoudite subit aussi l’arrêt de son oléoduc Est-Ouest, permettant de contourner Ormuz, après des attaques de drones venues d’Irak, selon Ryad. Dans ce contexte, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane cherche à s’assurer le soutien des États-Unis et de l’Égypte, un pays qui craint de voir fondre ses revenus tirés du canal de Suez en raison des menaces sur le trafic en mer Rouge.
Mercredi, le Brent de la mer du Nord s’échangeait à 108,50 dollars le baril, en légère baisse mais toujours quelque 80 % plus haut qu’avant le début du conflit dans le Golfe, fin février.
Avec AFP.
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