NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
À l’Île-du-Prince-Édouard, l’explosion des prix du carburant affecte durement les secteurs de la pêche et de l’agriculture. Entre hausses des coûts, tentatives d’adaptation limitées et craintes pour l’avenir, fermiers et pêcheurs tirent la sonnette d’alarme.
La flambée des prix du diesel frappe de plein fouet les pêcheurs de homard. Avec un carburant hors route avoisinant les 2,70 $ le litre — une hausse de plus de 1 $ en un an —, leurs coûts d'exploitation s'envolent.
Pour ces professionnels dont les bateaux engloutissent de 300 à 500 litres quotidiennement, le carburant est devenu le premier poste de dépense, selon Charlie McGeoghegan, président de l'Office de commercialisation des pêcheurs de homard de l'île.
Le diesel engloutit aujourd'hui presque un tiers de leurs revenus, alerte-t-il.
Ça a un impact énorme. Il ne reste pas grand-chose quand le coût du carburant est aussi élevé. Les pêcheurs voient leur résultat net grandement affecté.
Le problème ne se limite pas aux réservoirs des bateaux. Comme le transport routier repose sur le diesel, toute la chaîne d'approvisionnement subit un effet domino.
Charlie McGeoghegan indique que les pêcheurs voient le prix de l'ensemble de leurs fournitures s'envoler : pièces de rechange, appâts, casiers ou encore bouées.
Les producteurs agricoles de la province font face au même mur. La hausse du coût du carburant fait grimper le prix des semences, des engrais et de la nourriture pour animaux.
Fermes sous pression
À la ferme laitière Bernadale à Saint-Philippe, qui compte 80 vaches laitières et sept tracteurs, Gilles Bernard note que le coût des plastiques nécessaires à la conservation de l'ensilage a grimpé de 50 % au cours des quatre dernières années.
Durant les grands travaux de mai, sa facture de carburant a atteint le chiffre record de 22 000 $, alors que le prix du diesel a presque doublé en un an, détaille l’éleveur.
Quand les coûts haussent, des fois, on se demande pourquoi qu'on le fait. [...] La ferme peut pas aller dans le trou à tous les ans.
Quand qu'on a besoin de la paille pour les bêtes, ça serait plus facile et moins cher d'aller l'acheter que la faire pousser, poursuit-il.
Du côté de Mont-Carmel, Darlene Sanford, qui élève environ 150 bovins pour la viande, dresse un constat tout aussi amer : Tout ce qu'on fait — nourrir les animaux, travailler la terre, pousser les récoltes — nous coûte plus cher.

« Dans les dernières semaines et le printemps passé, le diesel est monté incroyablement », regrette l'éleveuse Darlene Sanford. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laura Meader
Face à cette pression financière, pêcheurs et agriculteurs cherchent à s'adapter, mais les solutions s'épuisent. En mer, certains pêcheurs ont décidé de lever le pied pour consommer moins de diesel, rapporte Charlie McGeoghegan.
D’autres ont pris des décisions encore plus radicales.
Il y a des gars qui ne sortent plus qu'un jour sur deux en raison du coût élevé du carburant.
Marges de manœuvre épuisées
Sur terre, réduire la production s'avère compliqué sans compromettre la viabilité même de l'entreprise.
Darlene Sanford explique avoir déjà diminué la taille de son cheptel, mais avoir atteint la limite du raisonnable pour que ça reste rentable.
Mais quand ça vient à acheter de nouvelles machineries ou faire des expansions, l'argent n'est pas là.
On arrive au point où on a essayé toutes les choses qu'on peut, qu'on pourra plus trouver de solutions pour continuer, avertit-elle.
Gilles Bernard, quant à lui, tente de miser sur l'efficacité. Il optimise la qualité de l'ensilage et le confort des vaches pour maximiser la production de lait sans augmenter sa consommation de carburant. Mais il le reconnaît, si ça continue à augmenter, ça va devenir difficile.
C'est les consommateurs qui vont payer
Le sentiment dominant sur le terrain mélange inquiétude, impuissance et colère. Surtout, Darlene Sanford rappelle qu'avec cette hausse, c'est les consommateurs qui vont payer pour la différence.
Alarmée par les conséquences sur la sécurité alimentaire, l'éleveuse s'interroge : Qu'est-ce que le monde va manger si on arrête toutes les fermes de l'île parce que le prix du diesel est monté?
Des baisses de taxes demandées
Pour soulager les entreprises de pêche, Charlie McGeoghegan réclame à court terme un allègement fiscal sur le carburant.

« Le gouvernement doit regarder tous les aspects de l'industrie du carburant pour essayer de rendre les prix plus justes », déclare Charlie McGeoghegan. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laura Meader
À plus long terme, il demande le développement des capacités de raffinage au Canada, afin de tirer parti des ressources pétrolières nationales et d'interrompre la dépendance aux importations étrangères.
Les gouvernements provincial et fédéral doivent réévaluer tout le système de taxation sur le carburant pour faire en sorte que les gens puissent réellement gagner leur vie, insiste-t-il.
Malgré l'ampleur de la crise, Gilles Bernard reste optimiste : C'est une passion d'être fermier, les fermiers ne vont pas arrêter à moins qu'ils soient forcés.


6 hour_ago
14



























.jpg)






French (CA)