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La guerre au Moyen-Orient pourrait avoir des effets sur le prix de l’épicerie

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La guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran pourrait avoir des répercussions jusqu’au panier d’épicerie : avec le prix du pétrole qui continue de s’envoler — ayant déjà dépassé les 100 dollars américains pour un baril —, les agriculteurs craignent une hausse de leurs coûts de production, qui se traduirait par une hausse des prix pour les consommateurs. Explications.

« Quand il y a une augmentation graduelle du prix du pétrole, comme avec l’inflation, c’est préoccupant, mais ce n’est pas alarmant : souvent le système est en mesure de l’observer. Mais lorsqu’il y a une explosion du prix du pétrole, c’est là que la corrélation est extrêmement forte entre l’inflation alimentaire et le prix du baril de pétrole », décortique d’emblée Sylvain Charlebois, directeur scientifique au Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie.

Pourquoi un si grand lien entre le prix du pétrole et l’industrie agroalimentaire ? Martin Caron, président général de l’Union des producteurs agricoles du Québec, rappelle que les agriculteurs sont dépendants du diesel. « Les tracteurs et la machinerie agricole, ça fonctionne avec le diesel et on n’a pas d’alternatives, on en a besoin », note-t-il en indiquant qu’en moyenne, les producteurs agricoles au Québec dépensent 555 millions de dollars en carburant. « Juste une augmentation de 10 ou 20 %, c’est considérable. »

Des marges « très minces »

Cette augmentation des prix arrive aussi à un bien mauvais moment : la majorité des agriculteurs s’apprêtent à démarrer leur saison. « Les marges sont très minces dans le domaine agroalimentaire, donc des fluctuations soudaines de coûts, ça peut impacter les prix assez rapidement », soutient Sylvain Charlebois.

« Si le prix tombe dans les prochains jours, l’impact pourrait être minimisé, mais plus ça dure, plus l’effet va être ressenti », poursuit l’expert du milieu en mentionnant que les produits animaux, comme la viande ou les produits laitiers, les céréales et les produits maraîchers pourraient être les plus touchés.

Pour observer la dernière fois un tel effet sur l’industrie agroalimentaire, il ne faut pas remonter bien loin : en 2022, lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, le baril de pétrole avait aussi grimpé au-dessus du seuil des 100 dollars américains (et n’a jamais été aussi haut depuis). À l’époque, les coûts pour les agriculteurs et les prix en épicerie avaient augmenté, rappelle M. Charlebois. Une situation semblable fut également observée lors de la crise économique de 2008.

En 2026, l’augmentation du prix du baril de pétrole est majoritairement liée à la fermeture du détroit d’Ormuz, ce passage maritime où transitent près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole et 20 % de la demande mondiale en gaz naturel liquéfié. Presque instantanément après l’annonce de sa fermeture par l’Iran, les prix se sont mis à augmenter.

Engrais

Mais ce n’est pas seulement sur le prix du pétrole que les agriculteurs ont les yeux rivés, mais aussi sur celui de l’engrais. En effet, 45 % des exportations mondiales de l’urée et du nitrate — deux des principaux engrais — passent par le détroit d’Ormuz, explique Martin Caron.

C’est d’ailleurs avant même le début du conflit que les prix se sont mis à grimper comme la simple possibilité d’attaques israélo-américaines faisait craindre les producteurs d’engrais, raconte l’agriculteur.

Avec l’achat des engrais coûtant environ 506 millions de dollars aux agriculteurs québécois par année, le constat est semblable à celui fait pour le pétrole quant à l’effet d’une hausse des coûts, soutient M. Caron. « Si on ajoute le coût du diesel, avec une hausse des coûts de 20 %, ça nous fait une facture de 200 millions plus cher, illustre-t-il. Bref, ça nous coûte plus cher, mais on n’est pas en train d’améliorer ou d’augmenter notre production. »

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