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En ce début d’année 2026, le couvert de glace est bien installé autour de l’Île-du-Prince-Édouard et dans une partie du golfe du Saint-Laurent.
Le détroit de Northumberland est complètement pris dans les glaces, de même que les eaux le long de la côte nord de la province.
Il y a de la glace à peu près tout le tour de l’Île-du-Prince-Édouard, confirme Peter Galbraith, chercheur en océanographie physique à l’Institut Maurice-Lamontagne, à Rimouski, au Québec.
C'est la première fois depuis 2020, où on retrouve des conditions près de la normale en début de saison.
Selon le scientifique, les températures de l’air polaires depuis le mois de décembre dernier ont contribué à la formation de cette glace.
Les années précédentes, la glace brillait par son absence.
En 2024, un nouveau record avait même été battu : le plus faible couvert de glace jamais observé dans le Saint-Laurent depuis 1969, soit le début de la compilation des informations sur l’englacement des eaux par le Service canadien des glaces.
De 2021 à 2025, on a eu des glaces très tardives. Puis là-dedans, on inclut trois ans où il n'y a presque pas eu de couvert de glace à la fin de saison, rappelle Peter Galbraith.
Possible redoux
À l’heure actuelle, la glace recouvre un peu plus de 4 % du golfe.
Néanmoins, au-delà de l’estuaire, du détroit de Northumberland et de la baie des Chaleurs, les eaux sont libres de glace.
Peter Galbraith se montre donc prudent. À ses yeux, on ne peut pas encore parler de grand couvert de glace.
De la glace mur à mur dans tout le golfe Saint-Laurent jusqu'à la côte ouest de Terre-Neuve, ça prendrait une continuation de ces conditions froides tout l'hiver, estime-t-il.
L’annonce d’un redoux dans les jours et semaines à venir pourrait ainsi inverser la tendance.

L'océanographe Peter Galbraith attend de voir l'évolution des conditions météorologiques. Un possible redoux dans les jours à venir pourrait stopper la formation de glace dans le golfe. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
J'ai l'impression que le couvert va arrêter de progresser pendant un petit peu, affirme le scientifique. ll faudra attendre la fin janvier pour avoir une idée de comment la saison va se terminer début mars.
En attendant, la glace qui s’est formée protège efficacement les côtes insulaires de l’érosion.
Elle limite la formation de vagues au large et les vagues qui se forment vont se briser sur le couvert de glace côtier plutôt que sur la côte elle-même, observe Peter Galbraith.
Bonne nouvelle pour les phoques
Le couvert de glace est également de bon augure pour les phoques à capuchon et les phoques du Groenland.
Ces mammifères marins donnent naissance à leurs petits sur la banquise entre la fin du mois de février et le début du mois de mars.
Sheryl Fink, la directrice des Campagnes canadiennes pour la protection de la nature de l’International Fund for Animal Welfare, parle d’une bonne nouvelle.

Le taux de mortalité des bébés phoques du Groenland a augmenté ces dernières années à cause des mauvaises conditions de glace. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Paul Darrow
C'est encore un peu tôt pour dire clairement quel impact ça pourrait avoir. Mais si les bonnes conditions de glace se maintiennent, ça pourrait leur donner une année de répit, salue la responsable.
Ces dernières années, les phoques à capuchon et ceux du Groenland ont particulièrement souffert du manque chronique de glace hivernale.
Si la banquise n'est pas assez épaisse ou solide, les petits ne survivent pas. Ils risquent d'être noyés, écrasés dans la glace, perdus dans les tempêtes.
Résultat, les populations sont en fort déclin. Selon des estimations de Pêches et Océans Canada de 2023, le nombre de phoques du Groenland est passé de 7,6 millions à 4,7 millions, soit une diminution d’environ 40 %.


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