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Après avoir testé les objets connectés en santé auprès de patients souffrant d’insuffisance cardiaque, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie souhaite poursuivre l’expérience avec des patients souffrant de maladies chroniques.
Des patients et des infirmières du CISSS de la Gaspésie ont testé les objets connectés dans la Baie-des-Chaleurs et Rocher-Percé, dans le cadre d’un projet de recherche de l'Université Laval et de l’Université de Montréal qui s’est conclu en avril 2025.
Les CISSS de l’Outaouais et de Chaudière-Appalaches ont également testé les trousses qui incluaient des montres et balances connectées, ainsi qu’un assistant et un pilulier virtuels.

Liette Méthot a participé au projet de recherche. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
En Gaspésie, 27 patients avaient été recrutés au départ, mais seuls 13 patients ont complété le projet, dont huit dans le secteur de Rocher-Percé et cinq dans la Baie-des-Chaleurs. La moyenne d’âge des patients était de 78 ans dans Rocher-Percé et de 86 ans dans la Baie-des-Chaleurs. Cinq infirmières ont participé au projet dans Rocher-Percé et trois dans la Baie-des-Chaleurs.
Freins à l'utilisation
Le rapport final du projet note que certains usagers ont choisi d’abandonner avant même de commencer, soit parce qu’ils ont jugé que leur condition de santé était trop fragile, que leur participation représentait une source d’anxiété ou qu’ils n’avaient pas l’énergie ou la capacité nécessaire pour s’engager.
D’autres ont aussi abandonné en cours de route, trouvant les objets difficiles à utiliser.
Certains usagers et leurs proches aidants ont éprouvé des difficultés à comprendre l’utilisation de l’assistant virtuel (robot), ce qui a engendré de l’anxiété. D’autres usagers ont perçu l’utilisation des dispositifs comme une intrusion dans leur quotidien, limitant leur sentiment de liberté et augmentant leur niveau de stress, peut-on lire dans le rapport, qui note aussi la présence de problèmes liés aux alertes sonores durant la nuit.
Le rapport note aussi que les problèmes de réseau cellulaire ont été principalement observés dans les zones rurales de la Gaspésie et de Chaudière-Appalaches, ont découragé certains usagers, notamment lorsqu’ils n’arrivaient plus à interagir avec l’assistant virtuel.
De plus, le pilulier virtuel n'a pu être testé par un tiers des usagers, car leurs pharmacies n'étaient pas connectées au système.
Les avantages demeurent
Malgré ces embûches, le rapport note que la télésurveillance peut générer des bénéfices concrets, tant pour les usagers que pour les infirmières, mais que ceux-ci ne se matérialisent pleinement que lorsque le modèle est implanté de manière rigoureuse, avec un soutien clinique et technique adapté aux besoins de chaque usager, et une appropriation réelle par les équipes de soins.

Philippe Voyer, chercheur et vice-doyen à la Faculté des sciences infirmières de l'Université Laval (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère
Pour Philippe Voyer, vice-doyen de la Faculté des sciences infirmières, de l’Université Laval, la présence de la technologie offre un sentiment de sécurité, mais permet surtout des interventions plus rapides et ciblées, avant qu’une condition ne se détériore ou pour prévenir des hospitalisations.
Il y en a chez qui l'on voyait que ça les sécurisait, ils étaient contents d'avoir la technologie, note-t-il.
La montre va nous permettre de détecter des décompensations cardiaques, puis de vous aider à intervenir avant l'hospitalisation, décrit-il.
En Gaspésie, le projet s’est amorcé en février 2024 pour se conclure en avril 2025. Les patients ont testé les objets entre 21 et 24 semaines.
Le déploiement se poursuit
Le CISSS de la Gaspésie a d’ailleurs décidé de continuer à utiliser les 25 trousses de santé connectée acquises dans le cadre du projet, mais en ciblant mieux les utilisateurs, puisque plusieurs infirmières participantes ont jugé que les trousses seraient plus utiles pour les patients souffrant de maladies chroniques.
Pour nous, c’est clair que ça vaut la peine de continuer, mais en ciblant mieux la clientèle.
Les usagers qui présentaient des problèmes cardiaques, leur condition clinique était relativement stable, donc mesurer tous les jours leurs paramètres vitaux [...] c’est moins intéressant ou pertinent que de le faire dans une condition qui est peut-être plus instable, comme du côté des maladies chroniques, explique le président-directeur général adjoint du CISSS de la Gaspésie, Jean St-Pierre.

Jean St-Pierre est le président-directeur général adjoint du CISSS de la Gaspésie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois
On va avoir des usagers plus à l’aise avec l’informatique et qui vont présenter, pour certains, une condition plus instable, ce qui va faire en sorte qu’un suivi de leurs paramètres vitaux au jour le jour va être plus intéressant pour le personnel.
Le CISSS ne sait pas encore quand les 25 trousses d'objets connectés seront déployées vers la nouvelle clientèle, mais dit vouloir d'abord s’assurer que le personnel soit davantage formé à la manipulation des outils et aux changements que cela apporte dans leur pratique clinique.
On est en train de planifier la reprise de l’utilisation des objets connectés, mais pour le programme des maladies chroniques.
On va tenter de choisir les usagers pour lesquels on aurait le plus grand bénéfice à tirer de l’utilisation des outils, considérant les apprentissages qu’on a faits dans le cadre du projet-pilote, dit Jean St-Pierre.


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