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La désillusion des touristes belges envers les États-Unis : "C’est en partie la faute de Trump, mais pas seulement"

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"J'ai toujours rêvé d'aller aux États-Unis. Mais depuis quelques années, notamment avec le retour de Donald Trump au pouvoir, j'ai un peu renversé cette idée du 'American Dream'. Je me rends finalement compte qu'il ne s'agit plus vraiment d'un rêve", exprime Cynthia, 28 ans.

Pour beaucoup, les États-Unis ont longtemps incarné un objectif de voyage, voire de destination où s'établir au cours d'une vie.

La jeune femme n'a jamais mis un pied aux États-Unis, mais elle ne compte pas le faire de sitôt. Tout comme Tom, 30 ans, qui préfère attendre cinq, voire dix ans avant de s'y rendre, si la situation s'améliore. "J'ai quand même une grande désillusion de manière générale à l'égard de ce pays", avance-t-il.

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Un rêve d'enfant évaporé par l'ère Trump

"Depuis que Donald Trump est au pouvoir, même au niveau sécuritaire, je trouve sa politique angoissante, que ce soit au niveau économique, migratoire ou étrangère", poursuit le jeune homme. "C'est en partie la faute de Trump, mais pas seulement, parce que l'on peut voir que le problème est beaucoup plus profond, les extrêmes prennent de plus en plus de place dans le pays, sans parler de leur rapport aux armes", explique-t-il.

"En tant que femme noire, passer à la douane me fait vraiment peur", confie Cynthia. "Quand je vois tous les abus qu'il y a eus envers les personnes noires, c'est stressant. Honnêtement, je ne suis même pas sûre de rentrer sur le territoire", ajoute-t-elle.

Pour Cynthia, la répression fait davantage peur qu'auparavant. "Avec toute la politique de l'administration Trump, si j'ai un problème avec la police, je ne sais même pas ce qui m'arrivera. Rentrer sur le territoire semble déjà compliqué pour quelqu'un comme moi… L'image que j'ai des États-Unis, notamment depuis l'affaire George Floyd, a complètement changé", précise-t-elle.

Pauline, 26 ans, a déjà été à deux reprises aux États-Unis. "Je n'y retournerais pas. En grande partie parce que j'ai déjà visité ce pays, donc j'ai 'démystifié' ce rêve, mais surtout parce que cela ne donne plus envie d'y aller", affirme-t-elle. "Actuellement, avec la politique de Trump, je préfère donner mon argent et faire vivre le tourisme dans d'autres pays que les États-Unis", appuie-t-elle.

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Des chiffres touristiques qui ne mentent pas

Ces différents témoignages reflètent la situation observée par les acteurs du tourisme dans notre pays. Frank Bosteels, en charge des produits et des marchés chez Connections, leader du marché des agences de voyages, affirme qu'il y a une baisse de 39 % de réservations enregistrées depuis le 1er novembre 2025 jusqu'à aujourd'hui. Cette différence s'explique, selon Frank Bosteels, par la succession de mauvaises nouvelles venant d'outre-Atlantique.

Les discours, les attitudes et les initiatives de Donald Trump ont en effet déplu à de nombreux concitoyens et Européens. Le porte-parole de Connections explique également que "la goutte qui a fait déborder le vase" est la volonté de l'administration du président de vérifier l'historique des activités sur les réseaux sociaux depuis cinq ans des visiteurs étrangers exemptés de visas, en décembre dernier, qui n'a finalement pas lieu pour l'instant.

Par rapport aux derniers rapports, la perte de tendance a donc été plus forte cette année. "Lors de la première année du mandat de Donald Trump, en janvier 2025, on était à peu près à 15 % de recul par rapport à l'année précédente. Ce recul était extrêmement modéré parce qu'un voyage aux États-Unis s'organise en amont", explique Frank Bosteels.

Il explique que davantage de tensions ont commencé à émerger seulement un mois après son investiture, à partir de début mars. "À partir de ce mois-là, jusqu'en été, en fin de compte, on a vraiment souffert. On a vraiment senti méchamment l'effet Trump".

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Un effet de "boycott" mondial

Les Belges ne seraient pas les seuls "à bouder" la destination. "On est tout petits par rapport au poids des 90 millions de touristes étrangers qui se rendent aux États-Unis chaque année. Le plus grand client international est a priori le Canada. Mais les Canadiens sont aux abonnés absents, tout comme les Mexicains ou encore les Brésiliens. Autant de pays qui d'habitude sont les premiers clients, vu leur proximité", observe Frank Bosteels.

En ce qui concerne l'Europe, il explique que les tendances sont assez disparates. "Les Anglais ne semblent pas du tout souffrir de l'effet Trump. Alors que les Allemands sont apparemment extrêmement réfractaires à l'idée de se rendre outre-Atlantique", ajoute-t-il.

Selon le porte-parole, il existe des vagues de reculs de ventes parfois plus marquées que d'autres. La Coupe du monde de l'été 2026 a par exemple été bénéfique pour les États-Unis. "Elle a été une belle opération de relations publiques. À un certain moment de l'année, on était plutôt autour de moins 45 %", analyse-t-il, en précisant que le post-Mondial a tout de même eu un effet positif sur les réservations.

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Frank Bosteels souligne également que les échos des voyageurs lors de la Coupe du monde étaient assez positifs. "On note d'ailleurs, une belle reprise des réservations depuis le mois d'août", nuance-t-il. Pour lui, les voyageurs font tout doucement leur retour par l'usure et la résilience qui s'installent. "La force des États-Unis est la multitude de destinations comme New York ou les parcs nationaux dans l'Ouest américain". Frank Bosteels reste optimiste pour l'année 2027. Selon lui, si tout va bien, une hausse de rattrapage est prévue.

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