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En visite au pénitencier de Port-Cartier mardi, la députée fédérale de la Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan, Marilène Gill, a pu constater le manque de personnel qui touche l'établissement de haute sécurité.
Pour la députée, l'objectif de cette visite de terrain était de prendre le pouls de la direction et des agents correctionnels de cet établissement à sécurité maximale, qui présente des défis uniques au pays. Le pénitencier de Port-Cartier accueille, en effet, certains détenus ne pouvant pas être intégrés dans d'autres populations carcérales.
Je trouve que c'est mon rôle d'aller dire : voici ce qui se passe chez moi, voici quels sont les besoins [...] puis ensuite poser des actes.

Les députés Claude DeBellefeuille et Marilène Gill sont allés à la rencontre des agents correctionnels de Port-Cartier.
Photo : Radio-Canada / Jérémie Brochu-Dufour
L'un des principaux problèmes soulevés lors de la rencontre est le manque de personnel, notamment dû à la lourdeur du processus de recrutement. Selon Marilène Gill, les démarches pour devenir agent correctionnel peuvent s'étirer sur plus d’un an, ce qui pousse de nombreux candidats à se tourner vers d'autres emplois.
Elle remarque aussi que l'établissement emploie des employés souvent jeunes, en début de carrière, qui doivent gérer une clientèle difficile, tout en effectuant beaucoup de temps supplémentaire.
Des compressions attendues
Au-delà des ressources humaines, Marilène Gill souligne également la vétusté des installations et les besoins matériels. La sécurité est notamment compromise par l'utilisation croissante de drones pour introduire du tabac, de la drogue et des armes à l'intérieur des murs.
Depuis mars dernier, le gouvernement fédéral dit que tous les pénitenciers vont être dotés de brouilleurs d'ondes, mais présentement, il n'y a toujours rien, déplore Marilène Gill, notant que les prisons à Québec ont déjà déployé cette technologie.

Le processus de recrutement des agents correctionnels peut durer plus d'une année. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté / Bureau de l'enquêteur correctionnel
Les agents réclament également l'acquisition de scanneurs corporels. Selon eux, les détecteurs de métal actuels ne suffisent plus, car ils ne peuvent repérer les armes blanches fabriquées en céramique ou autre, qui réussissent à entrer dans l'établissement.
Cette visite survient dans un contexte où le gouvernement fédéral envisage des compressions budgétaires à Service correctionnel Canada. Marilène Gill s'explique mal cette décision alors que d'autres secteurs, comme les services frontaliers et la Gendarmerie royale du Canada (GRC), voient leurs budgets augmenter.
Les pénitenciers restent les parents pauvres de nos infrastructures de sécurité, affirme-t-elle, craignant que ces coupes n'aggravent l'état des services et la sécurité du personnel et du public.
Accompagnée durant la visite de la députée et porte-parole du Bloc Québécois en matière de sécurité publique, Claude DeBellefeuille, Marilène Gill entend porter ces revendications directement à Ottawa afin d'obtenir des réponses claires sur les impacts de ces compressions et les besoins du milieu.


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