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La Côte-Nord face à l’urgence de protéger les femmes

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Alors que le Québec compte déjà cinq féminicides présumés depuis le début de l’année 2026, la Côte-Nord reste particulièrement touchée par les enjeux de violence conjugale. Les acteurs du milieu appellent à la vigilance, mais aussi à l’entraide pour combattre ce fléau.

Depuis le début du mois, cinq femmes ont perdu la vie dans des événements qui seraient liés à la violence conjugale. Si la Côte-Nord ne figure pas dans cette malheureuse liste, la région connaît néanmoins son lot d’incidents conjugaux.

Selon un rapport du ministère de la Sécurité publique datant de 2022, la Côte-Nord avait enregistré le taux le plus élevé d’infractions commises dans un contexte conjugal parmi toutes les régions du Québec.

Cette réalité, Marie-Hélène Talbot la connaît bien. La directrice générale du CAVAC Côte-Nord explique que la plupart des demandes de service enregistrées concernent des crimes contre la personne, à forte majorité dans des contextes conjugaux.

C’est un vrai fléau. C’est quelque chose qu’on observe tous les jours, décrie Marie-Hélène Talbot. L’an dernier on avait beaucoup d’augmentation de crimes contre la personne, pas nécessairement dans le contexte conjugal. Cette année, c’est stable, mais c’est inquiétant, ajoute-t-elle.

Plusieurs facteurs en cause

Pour expliquer cette réalité difficile sur la Côte-Nord, les intervenants évoquent souvent des raisons socioéconomiques.

Pamela Tanguay, agente en condition féminine au Centre Femmes aux 4 Vents, remarque que la Côte-Nord accueille plusieurs grandes industries qui peuvent parfois créer des écarts de salaire élevés entre partenaires.

Une femme en studio avec un t-shirt où on peut lire Non à la violence faite aux femmes.

Pamela Tanguay, agente en condition féminine au Centre femmes aux 4 vents. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Ça peut amener des situations de violence conjugale où la femme va moins gagner et sera donc plus dépendante du conjoint. Ça amène des situations qui peuvent être vraiment problématiques, affirme-t-elle.

La première chose, c’est d’en parler. Il faut vraiment s’adresser à des personnes de confiance autour de nous. Des fois, c’est suffisant pour réaliser qu’on est dans une situation problématique.

La moitié du problème

Au centre d’aide Hommes Sept-Ils, beaucoup d’hommes à comportements violents se retrouvent à suivre un programme auprès de l’organisme.

Un homme en veste réfléchissante sourit, le pouce en l'air, devant une patinoire où des gens jouent au hockey.

Le directeur général d'Hommes Sept-Ils, Edmond Michaud. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Pour le directeur général de l’organisme, Edmund Michaud, ce genre de service est essentiel pour réduire les risques d’escalade de violence, surtout dans des contextes conjugaux. Selon lui, la prévention de ces violences représente 50 % du combat.

Si on ne s’occupe pas de tendre une perche, de tendre une main, d’offrir un service et un accueil aux hommes, la moitié du problème persiste. On ne participe pas à réduire les risques de récidive si on ne s’occupe pas des hommes aussi, évidemment. C’est bien documenté.

Joindre SOS violence conjugale

  • 7 jours sur 7
  • 24 heures sur 24
  • 1 800 363-9010

Avec les informations de Nicolas Bougeard

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