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La commissaire aux langues officielles critique les plateformes de santé

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Les plateformes eVisitNB et MaSantéNB sont au cœur des préoccupations formulées par la commissaire aux langues officielles, Shirley MacLean, dans son dernier rapport présenté mardi, à Fredericton.

La plateforme gérée par une entreprise privée permet aux Néo-Brunswickois, particulièrement ceux qui n’ont pas de médecin de famille, d’avoir accès virtuellement à un professionnel de la santé.

Nous continuons de recevoir des plaintes, écrit la commissaire. La dernière a été reçue en décembre 2025.

Le rapport imprimé.

Dans son rapport annuel, la commissaire aux langues officielles martèle que l'on ne peut pas tenir la vitalité du français au N.-B. pour acquise.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Shirley MacLean constate que les utilisateurs francophones doivent s’assurer que leurs paramètres d’inscription ou de recherches sont bien réglés pour espérer recevoir un service en français.

Selon la commissaire, ce n’est pas une condition imposée aux usagers anglophones.

Dans un cas, la partie plaignante a patienté trois heures en ligne pour finalement se faire dire que le fournisseur ne comprenait pas ce qu’elle demandait, écrit-elle, en ajoutant avoir reçu une autre plainte semblable.

La commissaire souligne aussi que, selon certaines plaintes, le temps d’attente pour obtenir un service en français est plus long.

La fin du contrat d’eVisitNB

La commissaire estime que le gouvernement du Nouveau-Brunswick et le ministère de la Santé ne respectent pas leurs obligations légales en matière de langues officielles et elle les encourage à en tenir compte lorsqu'ils transfèrent la prestation de services publics à une entreprise privée.

Toutefois, la situation pourrait être sur le point de changer.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a annoncé qu'il met fin au contrat avec eVisitNB justement pour respecter ses obligations.

Site web eVisitNB sur cellulaire.

La plateforme de médecine virtuelle eVisitNB offre plusieurs services aux personnes qui n'ont pas de médecin de famille.

Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau

À mon avis, ça rencontre les demandes qu’on a faites depuis des années que, lorsqu’on planifie d'adopter une plateforme virtuelle pour donner les soins de santé ou n’importe quel service, les langues officielles prennent un rôle d’importance pour s'assurer que les deux communautés linguistiques ont les mêmes services, dit la commissaire concernant les motifs invoqués par le gouvernement pour changer de fournisseur.

Elle ajoute toutefois ne rien connaître du successeur d’eVisitNB et donc ne pas pouvoir se prononcer sur son respect ou non des obligations linguistiques.

D’autres inquiétudes au sujet de MaSantéNB

La plateforme MaSantéNB, qui permet aux Néo-Brunswickois de consulter leur historique de vaccination et leurs résultats de tests médicaux, a aussi attiré l’attention de la commissaire.

Cette fois, la majorité des plaintes ne provenaient pas de francophones, mais bien d’anglophones.

Ils étaient incapables de consulter leurs résultats d’examen en anglais, car les résultats n’étaient disponibles qu’en français, écrit la commissaire.

Un téléphone intelligent sur lequel est affichée l'application MaSantéNB.

L'application MaSantéNB permet à un usager d'accéder à son dossier médical et à ses résultats de laboratoire, entre autres.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Les deux réseaux de santé, autant Horizon que Vitalité, peuvent alimenter cette plateforme mise au point par le ministère de la Santé.

La commissaire aux langues officielles explique que, puisque cette plateforme permet les communications entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et les citoyens, elle est assujettie à la Loi sur les langues officielles.

À l’heure actuelle, le ministère de la Santé n’a pas indiqué qu’il veillera à ce que tous les résultats d’examens médicaux soient disponibles dans la langue officielle choisie par l’utilisateur ou le patient, conclut Shirley MacLean.

Par voie de communiqué, le ministre de la Santé, John Dornan, a assuré que les soins virtuels continueront d’être offerts aux Néo-Brunswickois. Quant au fournisseur retenu, le ministère de la Santé n’a pas encore dévoilé de qui il s’agit, car les négociations contractuelles sont toujours en cours. Cependant, le ministre Dornan a tenu à préciser que l’entreprise en question cumule plus de 28 ans d’expérience au service de la population du Nouveau-Brunswick dans les deux langues officielles.

125 plaintes reçues

Au cours de la dernière année financière, soit du 1er avril 2024 au 31 mars 2025, le Commissariat aux langues officielles a reçu 125 plaintes.

De ce nombre, 62 ont été jugées recevables, 43 alléguant un manque de services en français et 19, en anglais.

Une affichette avec les mots « Français » et « English » sur un comptoir.

Le Commissariat aux langues officielles a reçu 125 plaintes au cours de la dernière année. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Si les réseaux de santé et le ministère de la Santé sont visés par plusieurs plaintes, de nombreuses autres instances sont visées par au moins une plainte, y compris Énergie Nouveau-Brunswick, la Société des alcools du Nouveau-Brunswick et le ministère des Ressources naturelles.

Poids démographique

Shirley MacLean consacre aussi une section de son rapport au poids démographique des francophones.

Elle estime que le gouvernement du Nouveau-Brunswick doit faire davantage pour s’assurer du maintien de la vitalité du français dans la province.

Drapeau bleu blanc rouge avec étoile jaune, ciel rose.

Le drapeau acadien flotte à l'entrée de la municipalité de Beaurivage au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

L’atteinte de cibles d’immigration francophone, qui sont malgré tout insuffisantes selon la commissaire, la modernisation de la Loi sur les langues officielles et l’ouverture de places en garderie sont quelques stratégies employées par le gouvernement provincial.

Sans cela, elle craint pour l’avenir du français.

J’estime que nous devons nous attaquer sérieusement au déclin du français au Nouveau-Brunswick. Une langue peut disparaître. Il est dans l’intérêt de toute la population néo-brunswickoise de faire preuve de vigilance, dit Shirley MacLean, en précisant qu’il s’agit de sa plus grande inquiétude, plus grande encore que celles qui se rapportent à eVisitNB et MaSantéNB.

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