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L’artiste de la famille, Benedict, est frappé par la flèche de Cupidon dans cette saison 4 qui commence comme un pastiche de Cendrillon avant de s’interroger sur les rapports de classe.
Passer la publicité Passer la publicitéLa flèche de Cupidon frappe à nouveau dans La Chronique des Bridgerton. Débarquent, ce jeudi sur Netflix, les quatre premiers épisodes de la quatrième saison de la saga en costumes mettant en scène la famille d’aristocrates, fer de lance de la bonne société anglaise de la Régence, au début du XIXe siècle. Cette fois, c’est l’artiste amateur du clan, Benedict, qui succombe au coup de foudre, lors du traditionnel bal masqué de sa mère. Le regard du bon vivant croise celui d’une mystérieuse ingénue, drapée dans une robe argentée. Benedict est intrigué par l’émerveillement de la jeune femme, si opposé à l’attitude blasée ou intéressée de ses pairs. Le duo s’éclipse sur une terrasse, badine, échange un baiser furtif. Mais, à minuit, l’inconnue s’enfuit et ne laisse qu’un gant à Benedict pour qu’il puisse retrouver sa trace.
Débutant comme un pastiche de Cendrillon, « un des contes de fées les plus mièvres qui existe », sourit la scénariste Jess Brownell, cette saison renouvelle au contraire une formule bien rodée. Un souffle d’air frais et une pointe de réalisme bienvenue. L’objet des désirs de Benedict est en effet une simple domestique, Sophie, fille naturelle d’un comte réduite en servitude par sa belle-mère jalouse. Pour la première fois de son histoire, la série s’aventure chez les serviteurs, sort du boudoir de ses héros et donne à voir les petites mains qui permettent aux nobles de mener une vie de confort. Aux clins d’œil habituels à Jane Austen s’ajoutent quelques références à Downton Abbey désormais ! Le traitement des femmes de chambre n’est pas le même chez les Bridgerton et chez leurs voisins, la concurrence fait rage pour s’arracher les meilleures.
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Rapport de force inédit
« Notre Régence est bien plus inclusive, puisque la question de la race ne se pose pas. Mais, même dans cette société, réimaginée plus libérale, les différences de classe restent des inégalités insurmontables », prévient Jess Brownell, qui s’approprie un énième archétype de la romance : celui de l’idylle interdite réprouvée par les conventions sociales. Benedict recroise le chemin de Sophie. Sauf que, dans son habit de domestique, il ne la reconnaît pas et peine à refouler l’attirance que lui inspire la jeune femme « de basse extraction » que l’étiquette lui interdit de courtiser. Le voilà dans un étrange triangle amoureux : coincé entre son fantasme et la réalité. « Benedict ressort comme un touche-à-tout. Un type qui aime s’amuser et ne dit jamais non à la débauche. Ce tempérament cache une âme qui a toujours eu du mal à s’engager et qui en éprouve de la culpabilité. Le problème, quand on ne s’engage jamais, c’est qu’on n’a jamais l’occasion de se prouver qu’on a le courage d’aller jusqu’au bout », diagnostique la showrunner.
Avec ce focus sur Benedict, rarement Bridgerton aura autant soigné et creusé l’écriture de ses protagonistes. En propulsant le cadet au premier plan, les scénaristes décapent sa façade insouciante et chaleureuse pour développer une intériorité plus ambivalente. « On va découvrir ce qui le rend vulnérable, furieux, voire antipathique. Certains de ses choix démontrent un manque flagrant de sensibilité », salue l’interprète de Benedict, Luke Thompson. « À force d’être si ouvert d’esprit, il ne juge pas. Qualité qui, finalement, le rend aveugle. Il n’a pas conscience que sa position sociale et sa générosité offrent une forme de liberté et de pouvoir, dont Sophie ne dispose pas. » Il ne voit aucun mal à proposer à Sophie d’être sa maîtresse, ce qui révulse l’intéressée, campée par la nouvelle venue, Yerin Ha, qui ne se laisse pas intimider et lui tient tête. Ce rapport de force inédit change aussi la mise en scène du désir, inassouvi et presque chaste en ce qui concerne son couple phare, même si leur entourage compense allègrement, en attendant le dénouement, avec l’arrivée sur la plateforme, le 26 février, des quatre autres épisodes.


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