NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
L'Australie a créé la surprise en concluant un traité de défense mutuelle avec les Fidji, une initiative qui mérite l'attention parce que c'est la première fois en trois quarts de siècle que Canberra noue une telle alliance avec un autre pays. Il faut remonter à 1951 et à la formation de l'Anzus, qui réunit l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, pour trouver un précédent. Qui plus est, cet accord bilatéral a vocation à être élargi à d'autres États de la région. On cite notamment la Nouvelle-Zélande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Tonga.
Le traité, qui a été signé lundi à Suva, la capitale des Fidji, prévoit que les deux pays réagiront de concert au "danger commun" dans l'éventualité où l'un des deux serait attaqué, en considérant qu'une agression affecterait "la paix et la sécurité de chacun d'eux, mais aussi la sécurité de la région Pacifique". Plus largement, l'accord envisage des consultations bilatérales dans l'hypothèse d'événements qui menaceraient non seulement la paix, mais également "la stabilité ou la souveraineté" des pays signataires.
Les îles Salomon misent sur la Chine pour leur sécurité: l'accord qui irrite l'Australie, les États-Unis et leurs alliésLe cas "inquiétant" des îles Salomon
L'intention qui sous-tend cette initiative apparaît donc clairement. Il s'agit moins de se prémunir contre une action militaire, somme toute peu probable, dont l'Australie ou les Fidji pourraient être les victimes, que de contrecarrer les ambitions politiques de certaines grandes puissances en Océanie. C'est évidemment la Chine qui est dans le collimateur, elle qui a semé l'émoi à Canberra en passant, en avril 2022, un accord au contenu gardé largement secret avec les îles Salomon, dans une partie du monde qui passait jusque-là pour être la chasse gardée des Australiens.
Prenant pour prétexte des émeutes qui, l'année précédente, avaient ensanglanté la capitale de l'archipel, Honiara (elles avaient surtout visé le quartier chinois), Pékin a offert au gouvernement des Salomon une assistance pour l'aider à maintenir l'ordre sur son territoire. Cet accord est assorti d'un prêt chinois de 66 millions d'euros sur vingt ans, destiné notamment à financer l'installation d'un réseau de télécommunication par Huawei, la société chinoise que les Occidentaux considèrent comme une menace pour leur cybersécurité. Il permettrait, a-t-on dit, à la marine chinoise de faire escale dans les ports des Salomon.
Une base militaire chinoise ?
L'Australie s'en inquiète. Les Salomon ont décidé de reconnaître la Chine populaire en septembre 2019 (l'archipel mélanésien entretenait jusque-là des relations diplomatiques avec Taïwan) et coopèrent depuis étroitement avec Pékin. Elles ont ainsi loué la petite île de Tulagi à une entreprise réputée proche du Parti communiste chinois, China Sam Enterprise Group, pour une durée de 75 ans, renouvelable. Les termes du contrat, signé dès le 22 septembre 2019, sont vagues et généreux puisque les Chinois ont toute latitude pour développer le site, notamment en y construisant des terminaux pétroliers et gaziers, et en modernisant l'aéroport. Si l'on parle de créer une zone économique spéciale, d'aucuns suspectent un projet de base militaire.
L'Australie investit pour se doter d'"yeux sur l'Antarctique"L'offensive chinoise aux Salomon s'inscrit dans un mouvement de pénétration plus vaste dans la région. Pékin et Taipei s'y disputaient depuis des lustres le cœur des micro-États insulaires, d'autant plus sensibles aux propositions d'aide économique qu'ils sont sans beaucoup de ressources et désormais exposés aux dégâts causés par le changement climatique. La Chine a marqué des points ces dernières années, retournant Kiribati et les Salomon en 2019, puis Nauru en 2024. Cela ne laisse plus à Taïwan que trois alliés dans cette partie du monde : Palau, Tuvalu et les îles Marshall.
La plaque tournante fidjienne
Sur cet échiquier géopolitique, les Fidji occupent une place privilégiée, qui explique l'intérêt porté par l'Australie à ce premier partenariat stratégique. Composé de quelque trois cents îles, indépendant depuis 1970, fort d'un million d'habitants, situé à plus de 3 000 km de Sydney et apprécié pour ses plages de rêve, l'archipel joue un rôle de plaque tournante dans le Pacifique-Sud. Les Chinois n'ont pas été les derniers à s'en rendre compte.
Après avoir vainement tenté de cultiver des liens à la fois avec Pékin et Taipei, les Fidji ont finalement misé sur la Chine, à la faveur de coups d'État pour lesquels celle-ci manifestait plus de compréhension que l'Australie, la puissance tutélaire qui s'était substituée au colonisateur britannique. Pas toujours pour le meilleur : des accusations de trafic de drogue, de prostitution, de blanchiment d'argent, de jeux d'argent illégaux et de pêche clandestine ont été régulièrement portées contre une communauté chinoise de plus en plus nombreuse dans l'archipel.
Le Premier ministre australien accuse la Chine d'un "acte d'intimidation": "Je ne peux le considérer autrement"Une initiative historique
En scellant l'accord avec Canberra, l'actuel Premier ministre fidjien, Sitiveni Rabuka, s'est dit confiant dans le fait qu'il ne porterait pas préjudice aux relations avec Pékin. "Je crois qu'ils comprendront bien que cela ne concerne que l'Australie et les Fidji", a-t-il expliqué. Son homologue australien, Anthony Albanese, l'entend peut-être autrement. Le leader travailliste a déjà renforcé les échanges de son pays avec des voisins comme Vanuatu et Tuvalu, accords dont "il ne faut pas sous-estimer l'importance", a-t-il souligné. Quant à celui passé avec les Fidji, Albanese y voit "une des entreprises les plus significatives que l'Australie ait jamais menées". Ni plus ni moins.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


1 day_ago
16



























.jpg)






French (CA)