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Pour l’ex-humoriste de France Inter, « il faut toujours être patient » devant les prud’hommes, qui n’ont, ici, pas réussi à trancher sur son affaire.

DIMITAR DILKOFF / AFP
Guillaume Meurice, ici au mois de décembre 2025, à Paris.
Retour à l’envoyeur. Les conseillers prud’hommes chargés de se prononcer sur le licenciement de l’ex-humoriste de France Inter Guillaume Meurice n’ont pas réussi à s’accorder sur un jugement et l’affaire sera tranchée lors d’une nouvelle audience dont la date reste à déterminer, a annoncé à l’AFP son avocat, ce lundi 9 février.
Limogé par Radio France en 2024 pour avoir qualifié à deux reprises le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu de « nazi sans prépuce », Guillaume Meurice conteste la légalité de son licenciement et réclame quelque 400 000 euros de dommages et intérêts à Radio France.
Son ancien employeur assure, lui, que l’humoriste a commis une « faute grave » et manqué à son « devoir de loyauté » en réitérant cette phrase polémique à l’antenne malgré un avertissement. Cette affaire avait provoqué des turbulences au sein de la première radio de France et ravivé le débat sur les limites de la liberté d’expression.
Un humoriste « jugé pour une blague »
Faute d’accord entre les quatre conseillers prud’hommes qui ont examiné le dossier lors de l’audience début décembre, l’affaire est renvoyée à « un juge départiteur », un magistrat professionnel qui devra « départager les voix », a déclaré Me Hugues Dauchez, l’avocat de l’humoriste.
Selon une source judiciaire, le délai pour une nouvelle audience peut aller de six mois à deux ans. « Il faut être patient mais, devant les prud’hommes, il faut toujours être patient », a commenté Guillaume Meurice aux côtés de son avocat, insistant de nouveau sur l’enjeu de ce dossier à ses yeux.
Selon l’humoriste, passé depuis sur Radio Nova, sa défaite devant les tribunaux signifierait « qu’un humoriste pourrait être jugé pour une blague, pourrait être viré pour ce motif-là, pour une blague qui a déplu à la direction ».
Guillaume Meurice entendu par la police
L’origine de l’affaire remonte au début novembre 2023, quand Guillaume Meurice a suggéré dans un sketch sur Halloween un « déguisement » de Benjamin Netanyahu, « sorte de nazi mais sans prépuce ».
Ces propos, tenus quelques semaines après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël et le début de la guerre à Gaza, ont provoqué une tempête médiatique et lui ont valu des accusations d’antisémitisme. L’humoriste a alors été entendu par la police dans le cadre d’une enquête pour provocation à la haine, ultérieurement classée sans suite faute d’infraction suffisamment « caractérisée ».
S’estimant blanchi, Guillaume Meurice a repris l’expression à l’antenne en avril 2024 et déclenché une nouvelle et ultime tempête. Mi-juin 2024, la direction de Radio France l’a licencié, malgré l’opposition des syndicats et de la rédaction de France Inter, qui a alors dit redouter un « précédent grave » pour la liberté d’expression.


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