Cet article vous est offert

Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous

Se connecter

Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement

En juin 1942, la vente de la collection d’Armand Dorville, dans laquelle figurait « La Buveuse d’absinthe », devait financer la fuite de la famille juive. En vertu des lois antisémites, le produit de la vente fut confisqué.

Article réservé aux abonnés

Sara Lammens, Francine Kahn, Raphaël Falke et Vanessa Matz, lors de la restitution par la Bibliothèque royale de Belgique, à Bruxelles, du tableau « La Buveuse d’absinthe » (1877), de Félicien Rops, issu de la collection d’Armand Dorville, le 10 juin 2026. Sara Lammens, Francine Kahn, Raphaël Falke et Vanessa Matz, lors de la restitution par la Bibliothèque royale de Belgique, à Bruxelles, du tableau « La Buveuse d’absinthe » (1877), de Félicien Rops, issu de la collection d’Armand Dorville, le 10 juin 2026.

Une première et un moment « important et symbolique », a estimé Sara Lammens, directrice générale de la Bibliothèque royale de Belgique, à Bruxelles. Mercredi 10 juin, son institution remettait à des descendants d’Armand Dorville (1875-1941) le tableau La Buveuse d’absinthe (1877), du Belge Félicien Rops (1833-1898). Cette aquarelle est la trentième œuvre restituée aux ayants droit de l’avocat parisien et grand collectionneur, qui détenait plus de 450 objets d’art. Ses héritiers poursuivent, avec l’aide du bureau parisien ADD Associés, spécialisé dans les études généalogiques, leur long travail pour récupérer des objets pillés durant la seconde guerre mondiale. La collection d’Armand Dorville comportait des sculptures, des dessins, des tableaux signés, entre autres, par Renoir, Degas, Bonnard, Delacroix ou Rops, peintre, dessinateur et graveur.

Avant sa mort, l’avocat avait désigné un exécuteur testamentaire qui organisa, en juin 1942, à Nice, une vente de la collection, pour tenter de financer la fuite de la famille juive et éviter le pillage des œuvres. Des collectionneurs venus de la France entière, le conservateur en chef du Louvre et des émissaires de Hildebrand Gurlitt (1895-1956), marchand d’art allemand et profiteur de guerre, étaient présents à la vente, placée sous le contrôle du Commissariat général aux questions juives instauré par le régime de Vichy.

Il vous reste 77.32% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.