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DÉCRYPTAGE - Annoncé comme l’un des grands événements du cinéma français, le diptyque d’Antonin Baudry a d’abord trébuché avant de retrouver l’élan espéré.
Passer la publicité Passer la publicitéCela ressemble à un rétablissement inespéré. Entre un premier volet lancé le 3 juin, une suite avancée au 26 juin pour profiter de la Fête du cinéma, et un bouche-à-oreille du tonnerre, La Bataille de Gaulle a peu à peu transformé son faux départ en succès de résistance.
Le récit avait tout d’un pari démesuré. Porté par la société Pathé, La Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry devait conjuguer ampleur historique, ambition visuelle et souffle populaire. Mais à sa sortie, L’Âge de fer n’a pas immédiatement trouvé son public, malgré sa première en sélection officielle au Festival de Cannes. Avec environ 383 000 entrées en première semaine, le film a connu un lancement trop timide au regard de son budget et de ses ambitions.
Bouche-à-oreille solide
Pour relancer la machine, Pathé a choisi d’avancer d’une semaine la sortie du second volet, J’écris ton nom, finalement programmé en plein milieu de la Fête du cinéma. L’idée était simple : il fallait profiter d’un moment de prix réduits pour redonner de la visibilité à un diptyque qui peinait encore à imposer sa trajectoire. Le pari a fini par payer. Le premier volet a continué de progresser au fil des semaines pour dépasser le million d’entrées au moment de l’arrivée du second épisode. En quelques jours, le film est ainsi passé du statut de production sous pression à celui de phénomène de rattrapage.
À ce stade,le diptyque au budget hors norme pour une production française (75 millions d’euros) ne semble pas en mesure de rembourser ses investissements par le seul box-office salles en France. Mais la rentabilité d’un film ne se limite pas au marché hexagonal. Les pré-achats, les ventes internationales, les chaînes, les plateformes, les droits dérivés et la durée d’exploitation peuvent améliorer l’équation.
Quand bien même La Bataille de Gaulle n’atteindrait pas les scores du Comte de Monte-Cristo en fin de carrière, sa réussite ne se mesure pas seulement à l’aune des chiffres. Un studio français, Pathé en l’occurrence, a pris le risque de mettre en scène le héros de la France libre, incarné par l’excellent Simon Abkarian, dans un blockbuster qui ne verse pas dans l’hagiographie. Il raconte une histoire française, comme aucun film américain n’aurait pu le faire. Il pose un jalon important dans l’imaginaire collectif de la Seconde Guerre mondiale.
Sa trajectoire en dit long sur la fragilité des grands films, à l’époque du zapping culturel et du streaming tous azimuts. Pourtant La Bataille de Gaulle fait office de cas d’école. Son lancement manqué n’a pas condamné l’œuvre. En redressant la barre des entrées, le film a démontré qu’il était légitime de s’appuyer sur une promesse forte, une sortie événementielle et une stratégie de relance bien pensée. La Bataille de Gaulle a peut-être commencé dans l’ombre, mais elle a fini par rejoindre la lumière.


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