NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
La 46e édition du Festival international de jazz de Montréal (FIJM) a débuté en douceur, jeudi, portée par les mélodies folk rock des Barr Brothers glissant au-dessus d’une Place des Festivals comme les notes de pedal steel de Brett Lanier. Les gouttelettes de pluie tombaient tout aussi doucement, la place était juste assez bondée pour confirmer l’ambiance estivale ; peu avant à la Maison symphonique, Marcus Miller et ses vieux complices plaçaient Miles Davis et son œuvre au cœur de cette édition du festival. Compte rendu d’une première virée.
Dans la Maison symphonique affichant complet, on s’impatientait un brin, passé 20 h et le long entracte. Las d’attendre Monsieur Miller, on sifflait, on tapait des mains ; un à un, les musiciens ont enfin pris place, les plus jeunes à la batterie, au synthé, Russell Gunn à la trompette – qui, incidemment, est originaire, comme Miles Davis qu’il émule, d’East St. Louis en Illinois, a souligné le bassiste, dernier à fouler les planches, aussi chaudement applaudi que le filiforme Mike Stern, guitariste adulé par les fans montréalais.
Le premier jam a permis à tout le monde de se réchauffer, surtout Gunn et Bill Evans aux saxophones, emmêlés dans leurs solos – on avait même oublié de tamiser les lumières pendant ces premiers grooves. Le funk a ensuite pris forme, soutenu par les vétérans de ce que Miller a baptisé le We Want Miles ! Band : Stern et ses notes fines et aériennes, le souriant Evans et ses solos joyeux et mélodiques. Le percussionniste français Mino Cinélu, à l’occasion d’une intro dont il avait la charge, a d’ailleurs eu le chic de nous souhaiter une bonne Saint-Jean-Baptiste.
En entrevue, Marcus Miller nous avait prévenus que le programme déborderait de l’enregistrement live We Want Miles! (1982), auquel les vétérans participaient — enregistrement qui confirmait le retour sur scène de Miles Davis après cinq ans d’absence. En fin de concert, l’orchestre a bien sûr interprété Jean-Pierre, Miller invitant la foule à chanter le thème, dérivé de la berceuse Dodo, l’enfant do, qui a ravi la foule. On s’attendait évidemment à quelques titres des albums réalisés, et largement composés, par Miller. Tutu (1986)— le segment reggae-dub, était-ce bien Don’t Lose Your Mind? — et Amandla (1989), dont le groupe a brillamment repris Catémbe.
On ne s’attendait cependant pas à ce qu’il recule à ce point dans le temps pour piger dans ces albums « qu’on écoutait lorsqu’on était ado », a dit Miller avant de présenter In a Silent Way, composition de Joe Zawinul tirée de l’album du même nom (1969), puis Bitches Brew (1970), du moins une version d’une dizaine de minutes, assez pour lire dans le visage du chef d’orchestre le plaisir de mordre dans ses cordes de basses sur ce classique. Plus que des retrouvailles entre copains musiciens qui se remémorent leur première collaboration, ce concert d’ouverture fut un hommage en bonne et due forme à Miles et son œuvre.
La curiosité nous a fait prendre notre place à la Maison symphonique à temps pour découvrir Zohar & Adam, les jeunes frères Cabo, originaires de New York. Le premier aux claviers a 19 ans. Le second, 21 ans, se révèle déjà un fameux batteur, rompu aux rythmes latins et hip-hop. Sitôt arrivés sur scène, ils décortiquent une complexe composition, un jazz fusion qui d’un coup de baguette passe au hip-hop, succession de brèves sections tricotées serrées illustrant la virtuosité de la fratrie — plus disciplinés qu’un autre spectaculaire duo, DOMi & JD Beck (qu’on verra sur une scène extérieure le 2 juillet), mais tout aussi inspirés.
Le saxophoniste Ben Mizrach les rejoindra au bout de deux chansons, puis le rappeur Nory, avant de terminer cette trop brève demi-heure par Osmosis, chanson titre de leur premier album attendu le mois prochain. Parions qu’on les reverra à Montréal bientôt ; ils sont taillés sur mesure pour le programme de 22 h au Studio TD.
On se sauve enfin au rappel de Miller le temps d’attraper la dernière portion du concert de la jeune Skylar Tang, 19 ans seulement, qui a percé la scène jazz californienne avec son quartet, qui en jette lui aussi : William Schwartzman, élégant et mélodieux au piano, un rigoureux John Murray à la basse et ce batteur, Ethan Oliver, dont la touche, délicate, précise et aussi informée par le hip-hop, tire le son jazz classique de la formation vers la modernité. Tang a un son éclatant, un style enjoué, tout pour séduire même les néophytes du jazz autant que les affamés.


6 day_ago
58
























.jpg)






French (CA)