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C'est reparti pour un tour. Alors qu'on pensait les tensions apaisées entre le président américain et son homologue ukrainien depuis la terrifiante humiliation dont ce dernier fût victime à la Maison-Blanche en février 2025, la passe d'armes a repris.
Depuis l'annonce du "deal" qu'il a passé avec Vladimir Poutine pour la livraison de diesel aux États-Unis, dimanche dernier, Donald Trump s'en donne même à cœur joie. "Je pense qu'il est plus difficile de travailler avec Zelensky qu'avec Poutine" a-t-il lâché à la presse jeudi soir. "Tout ce que fait" Volodymyr Zelensky, "c'est de faire grimper les prix mondiaux du pétrole" en frappant les raffineries russes. "C'est une honte […] Zelensky n'est pas, pour nous, le bon type pour trouver un accord. Il dit qu'il veut trouver un accord, mais il ne veut pas. Je ne l'aime pas beaucoup."
Venu chercher un peu de soutien à Bruxelles où les dirigeants des Vingt-Sept étaient rassemblés ce jeudi et ce vendredi, le président ukrainien a tenu bon en affirmant que le camp ukrainien restait en "contact permanent" avec les négociateurs américains et qu'une "rencontre à un niveau ou un autre" aurait lieu "dans les prochains jours".
Pour l'Ukraine, "un cessez-le-feu serait la pire des solutions après la capitulation"Le plan machiavélique de Moscou pour Kiev, Kharkiv et Odessa
Volodymyr Zelensky n'a pas le choix, comme l'a elle-même reconnu vendredi la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, le soutien opérationnel de Washington reste totalement indispensable pour Kiev en termes d'armement, de renseignement et de communications. Le ralentissement volontaire de la composante militaire du système Starlink (Starshield) en Ukraine par les États-Unis en début de semaine – toujours en cours à l'heure actuelle – et son impact sur la défense ukrainienne l'a encore illustré. "Starlink est vraiment indispensable pour l'Ukraine et, malheureusement, l'Europe ne peut pas remplacer cette capacité à court terme" a d'ailleurs concédé vendredi Kaja Kallas. "C'est pourquoi nous avons également, aujourd'hui, une discussion sur l'état de préparation en matière de défense".
Il y a urgence, les installations énergétiques de l'Ukraine sont sous pression alors que l'hiver se profile et que les ressources de défense anti-aérienne du pays demeurent insuffisantes. Selon un document obtenu par les Ukrainiens révélés ce vendredi par le New York Times, Moscou aurait par ailleurs élaboré un plan pour totalement mettre hors service les infrastructures énergétiques de Kiev, Kharkiv et Odessa en un mois. Objectif : priver les trois villes majeures et surpeuplées de chauffage, eau et électricité. Ce, alors que Vladimir Poutine a encore appelé ses troupes à conquérir la totalité du Donbass, et jugé leur dynamique "positive" vendredi soir.
"Si quelque chose arrive, ce sera à nos frontières" : au cœur de l'une des bases de l'Otan les plus proches de la RussieZelensky demande 70 milliards d'euros de plus
Pour les Européens, toute la question est donc de savoir comment renforcer encore l'aide militaire et financière de Kiev pour l'aider à passer l'hiver tout en maintenant la pression sur Moscou. "Nous avons évidemment soutenu le cessez-le-feu énergétique du Président Trump, mais nous avons constaté que la Russie ne l'a pas respecté une minute" a constaté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, avant d'appeler à renforcer encore les sanctions.
Les finances ukrainiennes sont largement déficitaires pour 2027. L'Union européenne s'est déjà accordée sur un prêt de 90 milliards d'euros à destination de Kiev pour 2026 et 2027, soit 45 milliards d'euros par an. Mais "la guerre coûtera 155 milliards d'euros l'année prochaine. Et nous avons besoin d'au moins 70 milliards d'euros de plus de votre part", a fait savoir Volodymyr Zelensky à ses alliés vendredi. "C'est un montant réaliste. Et je vous demande de trouver ce soutien. Cela nous aidera à retenir la Russie […] nous pourrions produire deux ou trois fois plus de drones – selon le type. Mais nous n'avons tout simplement pas assez d'argent pour cela. Imaginez simplement si nous pouvions exercer deux ou trois fois plus de pression sur la Russie que nous ne le faisons aujourd'hui".
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