Les puits et les tuyères de combustion surplombent une morne plaine jusqu’à l’horizon. C’est là, à cheval entre la région autonome du Kurdistan et l’Irak fédéral, que s’étendent dans le sous-sol les nappes de pétrole qui font, avec les réserves d’hydrocarbures de la région de Bassorah non loin du golfe Persique, la seule richesse du pays, 5e producteur mondial. Quelques camions-citernes attendent en file leur chargement de brut, mais ils pourraient être les derniers car l’extraction a stoppé brutalement et les cuves sont désormais presque à sec. Plus une goutte ne coulait dans l’oléoduc qui traverse le Kurdistan, grimpe vers les monts Zagros et rejoint Ceyhan, sur les bords de la Méditerranée, en Turquie. Mais, après un refus initial, de longues tergiversations et en raison des risques de pénurie globale, le gouvernement du Kurdistan a fini par accepter, mardi, de rouvrir les vannes pour écouler le brut irakien.
Le commerce de pétrole subit de plein fouet les répercussions de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. Les prix se sont envolés car le conflit menace directement l’approvisionnement international: 20% du pétrole mondial provient du golfe Persique. L’Iran menace de s’en prendre à tous les bâtiments qui s’aventureraient à travers le détroit d’Ormuz sans sa permission. Ce risque – difficile à contrer car les tankers ne sont pas équipés comme des navires de guerre – a complètement bloqué le détroit où croisent chaque mois plus de 3000 bateaux. Seuls quelques bâtiments agréés par Téhéran ont traversé avec la garantie de ne pas être attaqués.


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