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L’industrie forestière frappée de plein fouet en 2025

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L’heure est au bilan en cette fin d’année difficile pour l’industrie forestière au Québec, qui a subi de nombreuses crises, et plus particulièrement pour la Haute-Mauricie, alors que le secteur représente le poumon économique de la région.

Tarif américain, réforme du régime forestier finalement avorté, blocus des Premières Nations, l’industrie forestière a été frappée de plein fouet par de multiples tempêtes au cours de l’année 2025.

Dès le début de l’année, les tarifs annoncés par Donald Trump ont jeté un voile d’incertitude sur l’industrie forestière. Ils n’auront toutefois pas été mis en place avant le mois d’août 2025.

Un coup de massue, malgré tout, pour l’industrie qui était déjà frappée par des droits antidumping de près de 15 %.

Le secteur du bois ne profitait déjà pas du libre-échange, alors que les Américains prétendent qu’en accordant des droits de coupe forestière à faible prix, les gouvernements du Canada financent l’industrie pour permettre au bois canadien d’être vendu à plus bas prix, faisant ainsi du dumping.

L’ajout de nouveaux tarifs et droits de douane est un coup dur pour une industrie très dépendante des Américains, alors que 75 % des exportations canadiennes et 73 % des exportations québécoises prennent la route des États-Unis.

PL 97, une proposition rejetée par tous

La réforme du régime forestier annoncée par le gouvernement caquiste aura aussi été un dossier litigieux. 

Déposé au mois d’avril 2025, le projet de loi 97 visant à réformer la gestion des forêts publiques québécoise proposait de diviser les forêts en trois parties : le tiers pour une coupe industrielle intensive, un autre tiers pour la récolte forestière de base, et le reste, pour la conservation.

Plusieurs groupes des Premières Nations du Québec avaient dénoncé l’approche unilatérale du gouvernement, la qualifiant même  d’insulte à leur intelligence . Ils craignent d’être dépossédés de leurs droits ancestraux.

 C’est notre garde-manger, c’est notre pharmacie, c’est notre langue. Puis on veut s’assurer d’une pérennité de la forêt , avait expliqué le Francis Verreault-Paul, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Le projet de loi avait même été critiqué par les groupes environnementaux et l’industrie forestière elle-même. 

Mobilisation et blocus contre le PL 97

Des blocus organisés par les gardiens de territoire et des chefs héréditaires ont été menés au printemps et durant l’été 2025, entraînant l’interruption des opérations de coupe forestière pendant plusieurs semaines. Un autre coup dur pour l’industrie forestière.

La tension monte entre les travailleurs de la forêt qui défendent leur gagne-pain, et les Premières Nations qui défendent leur territoire.

Face aux fermetures et ouvertures incessantes d’usines, mise sur pause, et mise à pied, les travailleurs de l’industrie manifestent à La Tuque au courant de l’été. Ils seront plus de 300 personnes à réclamer de l’aide et plus de prévisibilité pour l’industrie. Des contre blocus sont également organisés pour revendiquer leur droit de travail.

Il faut dire que l’industrie forestière est le gagne-pain de nombreuses familles québécoises. Pas moins de 130 000 emplois directs et indirects y sont liés.

Arrivée des tarifs de 35 %, une catastrophe

Au mois d’août 2025, les droits compensateurs et antidumping imposés par les États-Unis grimpent à 35 %. C’est la catastrophe pour l’industrie.

En réaction, le gouvernement Carney annonce un investissement de 1,2 G$ pour soutenir l’industrie du bois d’œuvre, incluant des garanties de prêts et des subventions.

Le programme Maison Canada est également lancé en septembre, concrétisant une promesse électorale de construire 500 000 nouveaux logements abordables par an, mais en ne doublant pas l’utilisation du bois canadien dans la construction résidentielle.

Abandon du PL 97 et plus de droits de douane

Face à l’adversité et les critiques de nombreux groupes civils, Québec décide d’abandonner sa réforme de l’industrie forestière à la fin du mois de septembre 2025.

Une bonne nouvelle aux yeux de tous. Mais l’inquiétude demeure dans l’industrie forestière qui souhaite voir rapidement des changements à son régime. Les consultations pour mener au projet de loi 97 avaient déjà duré deux ans.

De son côté, la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina, qui avait piloté la réforme, claque la porte de la CAQ et devient députée indépendante.

Une semaine plus tard, la tempête qui frappe l’industrie n’a pas dit son dernier mot.

Le 1er octobre, Donald Trump annonce une nouvelle hausse des tarifs ; 10 % supplémentaires sur le bois d’œuvre. Au total, pas moins de 45 % des droits de douane s’appliquent sur le bois canadien.

Dans ce contexte, le bois européen, qui est de son côté frappé de droits d’entrée de seulement 15 % pourrait détrôner le bois canadien sur le marché américain.

Ces conditions sont insoutenables pour l’industrie, qui tourne désormais au ralenti.

Quelles attentes pour 2026 ?

Il est difficile de quantifier le nombre exact de pertes d’emplois dont l’industrie a souffert en 2025, comme les usines et entreprises ont dû fermer et ouvrir leurs portes de façon répétée.

Au mois de novembre 2025, François Legault estime cependant que la moitié des emplois du secteur forestier pourrait disparaître en 2026. Un commentaire qui choque l’industrie forestière entière.

Sa proposition, qui est loin de faire affaire aux travailleurs de l’industrie, est de leur offrir des formations pour les rediriger vers le secteur de l’énergie.

L’aide de Québec se fait d’ailleurs toujours attendre, selon différents acteurs de l’industrie forestière.

Au moment d’écrire ces lignes, les tarifs et droits de douane américains de 45 % sont toujours maintenus. Mais pourraient-ils être renégociés dans le cadre du nouvel accord de libre-échange Canada, États-Unis, Mexique (ACEUM) alors que les négociations sont prévues pour juillet 2026 ?

D’ici là, plusieurs se demandent si 2026 sera une année plus douce pour l’industrie, les travailleurs, leurs familles et les forêts canadiennes.

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Le reportage d'Alexandra Fortin.

Photo : Radio-Canada / Pierre Alexandre Bolduc

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