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La France serait, nous dit-on sur tous les tons, la « championne du monde des prélèvements fiscaux ». Ne soyons pas dupes : cette rhétorique n’est qu’un écran de fumée. En entretenant sciemment la confusion entre impôts et cotisations sociales, le pouvoir, et la classe politico-médiatique aux ordres, cherchent à saper la solidarité nationale. Leur cible ? Notre modèle social — Sécurité sociale, caisses de retraite et d'assurance chômage — qu'ils s'acharnent à démanteler, tel que l’appelait de ses vœux Denis Kessler dès 2007 : « défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance » (CNR).

Le salaire n'est pas une charge, c'est notre droit
L’arnaque sémantique est grossière : mélanger les impôts, la TVA et les taxes avec ce que le MEDEF appelle avec mépris des « charges ». Rétablissons la vérité : ces cotisations ne sont rien d’autre que la moitié de notre salaire.
Le salaire est une entité unique qui se divise en deux réalités :
1) Le salaire net (disponible immédiatement) ;
2) Le salaire mutualisé ou différé (les cotisations salariales et patronales).
Ce dernier constitue notre richesse collective, que nous retrouvons sous forme de prestations à chaque étape cruciale de notre existence : maladie, accident, chômage ou retraite.
L’absurdité du dogme néolibéral
C’est ici que le pot aux roses est découvert et que l’absurdité du raisonnement éclate au grand jour. Si le salaire mutualisé doit être considéré comme une « charge » ou un impôt, pourquoi ne pas dire la même chose du salaire net ? Puisque l’un et l’autre forment, ensemble, le salaire total ?
La réponse est politique : dans ce monde néolibéral aux dérives libertariennes, le travail n’est plus valorisé pour la production qu’il génère, mais uniquement pour le profit qu'en extraient les patrons et les actionnaires.
Le travailleur : simple variable d'ajustement
Ne nous y trompons pas, l’offensive ne s'arrêtera pas là. Pour l’État néolibéral et le grand patronat, le travail est une idole, mais le travailleur est un fardeau. Nous sommes devenus une simple variable d’ajustement. Voilà la racine des attaques systématiques que nous subissons, du déni de nos droits et de l’effondrement programmé de notre pouvoir d’achat.
Ils aiment le travail, ils méprisent ceux qui le produisent. Il est temps de reprendre ce qui nous appartient !
Un indicateur qui démasque la perfidie : le PIB comme témoin du vol
Il existe un critère implacable qui révèle cette trahison : le Produit Intérieur Brut (PIB). Cet indicateur mesure la richesse réelle, c'est-à-dire la valeur ajoutée créée par celles et ceux qui produisent des biens et des services. Rappelons une vérité fondamentale : la spéculation financière ne crée rien, l’actionnariat ne produit rien, ils sont absents du PIB. Seul le travail, manuel ou intellectuel, est le moteur de la richesse nationale. Or, dans les grandes entreprises plus de 50 % des bénéfices vont aux actionnaires et 10 % aux travailleurs qui produisent la richesse. Cherchez l’erreur !
Pourtant, un hold-up silencieux s'opère sous nos yeux dissimulé sous les éléments de langage. Alors que la production de richesse augmente grâce à nos efforts, les actionnaires siphonnent une part toujours plus dévorante de cette valeur ajoutée. Chaque dividende record versé est un arbitrage contre le travail : c'est autant d'argent soustrait à nos salaires et aux investissements productifs nécessaires à l'avenir. Dans les grandes entreprises, plus de 50 % des bénéfices vont aux actionnaires et 10 % aux travailleurs qui produisent la richesse.
Ce n'est plus de l'économie, c'est du parasitisme. La richesse est produite par tous, mais captée par quelques-uns au détriment de la survie de notre modèle social. Le PIB le dit lui-même : la spéculation ne le fait pas monter, la spéculation ne produit aucune richesse. Elle se l’accapare !
Pire : les grandes entreprises bénéficient de différentes aides de l’État dont on sait désormais qu’elles ne servent à rien et qu’une partie de celles-ci sont reversées directement en dividendes. En 2024, les entreprises du CAC40 ont distribué près de 100 milliards d’euros de dividendes et la baisse des "charges patronales" fut, d’après le site du Sénat, de 91 milliards. Et quand on sait que ces aides proviennent des recettes d’impôts payés par nous-mêmes les travailleurs…
Il faut en finir avec le néolibéralisme, et empêcher absolument que le libertarianisme advienne. Mais il faut aussi changer notre constitution pour empêcher l’oligarchie financière de faire la loi en ce pays.


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