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«L’IA, c’est de la merde» : Clémentine Célarié en forme pour l’ouverture du Festival de La Rochelle

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NOUS Y ÉTIONS - Sur la scène de La Coursive, ce mardi soir, la Présidente du jury du Festival de la fiction de La Rochelle 2026 a pimenté la cérémonie d’ouverture d’un discours, bien à la marge, comme toujours, du consensuel.

De notre envoyée spéciale à La Rochelle,

À chaque festival sa cérémonie d’ouverture. Celui de la fiction de la Rochelle, dont l’édition 2026 a démarré hier (15-20 septembre 2026), ne déroge pas à la règle. Dans les gradins et sur la grande scène de La Coursive, l’ambiance était à la fête. Antonia de Rendinger en maîtresse de cérémonie pour la troisième année consécutive. Public enthousiaste. Discours des édiles. Remerciements aux partenaires. Égrainage du programme et de ses thématiques. Présentation des jurys.

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Cette première partie de soirée, supposée durer de 19 h 30 à 21 h 30, avant la projection en avant-première mondiale des deux premiers épisodes du thriller politique HBO Max, Paolo, suivie par le grand dîner annuel de l’Adami, a joué les prolongations. Les discours étaient longs, très longs même. Particulièrement celui de la Présidente du Festival, Sophie Révil. À sa décharge, il y avait beaucoup à dire.

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La fiction, reflet de l’état du monde

Sur le resserrement budgétaire généralisé. Sur la montée en puissance de l’IA, pas seulement dans le domaine de la confection de l’image mais aussi dans celui de la narration. Sur le climat politique, forcément, à quelques mois de la présidentielle. Sur l’état du monde enfin, dont l’avenir, pour les plus pessimistes, semble de plus en plus incertain. «La fiction, dit Sophie Révil, en est le reflet le plus essentiel».

L’humoriste Antonia de Rendinger, très en forme après une imitation presque parfaite de Céline Dion, pour consoler ceux qui n’auront pas pu aller l’entendre à Paris, semblait avoir un peu de mal à ponctuer la soirée. Jusqu’à l’introduction des jurys, présidés par Clémentine Célarié, pour la compétition française, et par Marie Kremer, pour la compétition francophone.

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La scénariste, réalisatrice et comédienne, révélée au public français dans la grande saga historique de France 3, Un village Français, et applaudie l’année dernière pour la coécriture, avec Frédéric Krivine, de la minisérie sur les violences faites aux femmes, L’Affaire Laura Stern, a fait un passage éclair sur scène. Clémentine Célarié, elle, a fait le choix du temps long.

Et si son discours a pu sembler un peu décousu, comme elle s’en est excusée elle-même, arguant du «bordel» régnant non seulement «dans sa chambre, mais aussi dans sa tête», elle a ouvert ce nouveau bal de la production audiovisuelle autant de verve que l’année dernière, lors de sa réception du prix de la meilleure interprétation féminine pour Le diplôme, sur TF1.

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Il a été question de l’invisibilité des actrices de plus de 40 ans dans le paysage audiovisuel, du rebond de sa carrière à plus de soixante ans, de ses bravades successives, comme le baiser qu’elle a «volé» il y a trente ans sur le plateau du Sidaction à un malade du sida en réaction aux mises en garde contre les risques de prolifération du virus alors relayées par le FN. Et de l’IA.

«L’IA, c’est de la merde ! Je dis que c’est de la merde pour l’art et pour la création. Évidemment, c’est formidable pour les gens qui sont malades, qui n’ont rien, qui ne savent pas comment rédiger des papiers administratifs, vraiment. Mais c’est à chier, c’est de la merde. Il faut dégager. Il faut faire des lois. Et tout ira bien. D’accord ? On est d’accord. Merci !», a lancé la vedette de cette soirée.

Sous un tonnerre d’applaudissements, elle ajoute: «Je suis très émue. Et je voulais vous dire… En fait, c’est un miracle, ce qu’on fait, être ensemble, tourner des fictions, travailler à 68 ans - à quarante ans, on disparaît, à cinquante, on attend encore, à soixante, ça redémarre, si, si, je vous assure, il faut tenir -, être bouleversé par un film, et nourrir notre imaginaire, qui n’a rien à voir avec le pouvoir, qui est libre. Et ça, c’est un miracle qui sauve des chemins et des personnes». Tout est dit.

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