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REPORTAGE - Les magistrats ont dû s’organiser pour réexaminer les plaintes pour violences sexuelles sur mineurs de leur juridiction. Réorganisation complexe dans le cadre d’une gestion quotidienne des plaintes qui sont «toutes, tout le temps, urgentes».
«Bonjour, je vous appelle parce que j’envisage une garde à vue d’ici une dizaine de jours pour une petite fille de 11 ans, qui dit être agressée sexuellement par le petit ami de sa mère. Ça dure depuis trois ans». Casque sur la tête, la magistrate tape à toute vitesse sur son clavier les détails des faits édictés au téléphone par la policière. La «petite fille» en question, Elisa*, a dit à l’officier de police avoir vu arriver ce nouvel homme dans la vie de sa mère après un «mariage arrangé» en avril 2022. Aux dires de l’écolière, le mis en cause «lui fait des bisous sur la bouche», «touche ses fesses», «frotte son sexe» sur la petite fille qu’il «allonge dans son lit». «La victime dit qu’elle a, je cite, le sentiment qu’elle tombe amoureuse de lui mais qu’elle sait que ce n’est pas normal», lit la policière à Laura*, la magistrate en charge de la «permanence mineurs» du tribunal judiciaire de Pontoise.
Laquelle enchaîne : «Y a-t-il d’autres enfants au domicile ?». Deux petits…


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