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Les résidents de l'île d'Entrée aux Îles-de-la-Madeleine doivent une fois de plus composer avec des incertitudes de transport maritime, en raison de l’ensablement de leur port.
La CTMA, qui exploite la desserte maritime de la Société des traversiers du Québec entre l'île d'Entrée et Cap-aux-Meules, a avisé mardi les usagers que l'horaire du bateau était susceptible de changer à tout moment, selon la météo et les marées .
Questionnée sur la situation, la STQ a refusé la demande d’entrevue de Radio-Canada, se contentant d’apporter des précisions par courriel.
La STQ indique que Pêches et Océans Canada a effectué un dragage en novembre dernier au quai de l’île d’Entrée.
Les bathymétries [des mesures prises pour déterminer la topographie des fonds marins] réalisées à la suite du dragage étaient conformes pour les opérations sécuritaires du NM Ivan-Quinn, indique par courriel le conseiller en communication de la STQ, Bruno Verreault.
Les conditions météorologiques ont été difficiles depuis et cela a contribué à l’ensablement rapide du site.
La STQ mentionner travailler en étroite collaboration avec Pêches et Océans Canada pour réaliser de nouvelles bathymétries, afin de connaître la situation réelle et prendre les décisions qui s’imposent par la suite.
Toutefois, la Société mentionne que des conditions météorologiques très difficiles retardent cette intervention.
La STQ indique que le service maritime est réalisable pour le moment, malgré les possibilités de changement d’horaire. La situation est réévaluée quotidiennement, note Bruno Verreault.
Ces nouvelles incertitudes concernant la desserte du Ivan-Quinn ne sont pas sans rappeler la situation vécue lors de l’hiver 2021-2022. En raison de l'ensablement du port, la Société des traversiers du Québec avait dû assurer la desserte de l'île d'Entrée par hélicoptère durant plusieurs semaines.

En février 2022, la STQ avait remplacé la desserte maritime de l'île d'Entrée par une desserte aérienne, en raison de l'ensablement du port. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Cette solution de rechange ne permet toutefois pas le transport de véhicules et de grosses marchandises entre l’île d’Entrée et Cap-aux-Meules.
Questionnée par courriel sur la possibilité d'instaurer une desserte aérienne pour pallier l'incertitude du service maritime, la STQ n'a pas abordé le sujet dans sa réponse.

Moins d'une soixantaine de résidents vivent à l'île d'Entrée, la seule île habitée de l'archipel madelinot qui n'est pas reliée aux autres par voie terrestre. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Des résidents préoccupés
Des résidents de la petite communauté madelinienne, qui n'est pas reliée au reste de l'archipel par la route, déplorent l’incertitude engendrée par les horaires potentiellement irréguliers du Ivan-Quinn.
C'est le cas de Nebesna Tremblay, propriétaire de l'entreprise Esprit nature qui confectionne des repas prêt-à-manger sur l'île d'Entrée. Ses plats doivent transiter par bateau afin d'être mis en vente dans les épiceries du reste de l'archipel.

Nebesna Tremblay possède une entreprise alimentaire à l'île d'Entrée.
Photo : Gracieuseté de Nebesna Tremblay
Elle craint que les horaires irréguliers du traversier nuisent à ses activités commerciales.
Je peux moins prévoir quand je peux envoyer mes marchandises, explique Mme Tremblay. Ça va m’amener probablement à moins faire d’événements où je prépare la nourriture, parce que je ne pourrai pas garantir ma présence.
Ça me demande encore plus d’organisation et ça peut peut-être même couper mes revenus.
De son côté, le résident Ralph Josey estime que Pêches et Océans Canada doit agir rapidement pour draguer à nouveau le port et son accès.

Ralph Josey estime que les résidents de l'île d'Entrée sont souvent considérés comme des citoyens de seconde zone. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Il affirme que le traversier aurait seulement été en mesure d'assurer la desserte de l’île d’Entrée que deux ou trois jours par semaine, au lieu des six jours de desserte prévus, depuis le début du mois de janvier.
Même si un dragage a été fait à l’automne, ça doit être fait à nouveau pour permettre au traversier un passage sécuritaire, dit-il.
M. Josey estime que la STQ devrait offrir dès maintenant la desserte par hélicoptère, notamment pour des raisons de sécurité publique.
S'il y a une situation d’urgence, comment va-t-on évacuer les gens?, questionne-t-il.
C’est notre autoroute et c’est la seule que nous avons.
Joël Arseneau exaspéré
Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, se dit renversé par la situation, déjà vécue dans le passé.
Il rappelle que Québec avait prévu un million de dollars au budget 2023-2024 pour assurer le maintien de la desserte hivernale de l'île d'Entrée, à la suite des difficultés connues lors de l’hiver 2021-2022.
Je me serais attendu à ce que la STQ s’assure de la bathymétrie adéquate des lieux durant l’automne pour qu’on puisse passer à travers la saison hivernale, lance-t-il.
On ne peut pas, chaque année, jouer dans ce même mauvais film-là. Ça ne peut pas être le jour de la marmotte, chaque année, pour les résidents de l’île d’Entrée dont le service de transport est essentiel.
Au moment de publier ces lignes, Radio-Canada était en attente de réponses de la part de Pêches et Océans Canada.


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