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Le funiculaire du Tréport a été remis en service il y a 20 ans par la municipalité. À cette occasion, l'Informateur se plonge dans son histoire. Épisode 1 : la création.
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Par Lucas Farcy Publié le 23 août 2026 à 21h36
Tout voyageur qui monte pour la première fois dans le funiculaire du Tréport se fait sans doute la même réflexion : creuser la falaise pour y faire transiter des voyageurs, l’idée était osée. Un constat d’autant plus pertinent que le funiculaire a ouvert il y a plus d’un siècle et que ses tunnels voûtés ont été creusés à la pioche dans les années 1900 !
Sa mise en place est étroitement liée à un autre projet important : la construction de l’hôtel Trianon. « Quand le funiculaire a été construit, on savait qu’un grand hôtel allait voir le jour », explique Dany Laurent, de l’association des Enfants du Vieux Tréport, qui gère le musée du même nom. De cet hôtel bombardé par l’occupant allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, il ne reste que quelques traces : un morceau du perron et de son escalier sur la falaise, rénovés en 2016 par la municipalité. Un grand nombre de briques de l’établissement sont par ailleurs visibles, puisqu’elles ont permis de créer les galeries du Kahl-Burg.

De la chambre d’hôtel jusqu’au bain de mer
Avec ses 300 chambres, l’hôtel est destiné à une riche clientèle, venue notamment de Paris. Et pour attirer les visiteurs, la mise en place d’un funiculaire pour accéder directement à la mer est un véritable atout. Le succès sera de courte durée pour cet hôtel de luxe, qui sera réquisitionné pendant la Première Guerre mondiale pour servir d’hôpital militaire. Entre les deux guerres, les touristes fortunés sont moins nombreux à venir au Tréport. Le Trianon finit par disparaître, mais le funiculaire reste : ce dernier est en effet également très utile aux Tréportais.
« Le projet est confié à M. Schlussel, l’architecte qui a travaillé sur le funiculaire de Montmartre », précise Dany Laurent. Un grand nom qui devrait alors rassurer les voyageurs : « À la création du funiculaire, on met l’accent sur la sécurité, en faisant la promotion d’un système de freinage infaillible, même en cas de rupture d’un câble ». Le premier funiculaire fonctionne sur un système où les cabines font contrepoids : quand un wagon descend, l’autre monte.
Une inauguration en 1908
L’office de tourisme Destination Tréport-Mers consacre une brochure à l’histoire du funiculaire, sur laquelle on apprend que « les travaux commencèrent en 1907, pour s’achever 18 mois après. Il fallut 2 mois seulement pour creuser le tunnel à la pioche ». Le chantier est immense mais se déroule sans accroc et rapidement : « Le 1er juillet 1908, le Comte et la Comtesse d’Eu inaugurent la ligne, imités par plus de 2000 visiteurs qui achetèrent leur ticket pour faire l’aller-retour en funiculaire ».
Dès l’origine, le funiculaire sert d’argument commercial pour inciter les gens à venir visiter ou s’installer au Tréport : sur une affiche ancienne du début des années 1910 visible au musée du Vieux Tréport et qui fait la promotion du nouveau quartier des Terrasses où se situe l’hôtel Trianon, il est visible au premier plan. On peut voir que l’ambition est alors de faire du Tréport une destination de luxe, puisque les loisirs vantés sur l’affiche sont : « cure d’air, golf, tennis, hockey ». Le Tréport ne connaîtra finalement pas ce destin, qui sera celui de villes de Basse-Normandie comme Deauville.

Une baisse de fréquentation entre les deux guerres
Ce changement de destin est lié à la grande histoire et aux deux guerres mondiales, qui ont profondément affecté Le Tréport et la Normandie. La transformation de l’hôtel Trianon en hôpital militaire pendant la Grande Guerre, où moururent des centaines de soldats britanniques dont les tombes sont toujours visibles dans le grand cimetière militaire du Tréport, a pu entraîner une baisse de fréquentation de l’établissement. « Après 1914, le funiculaire va s’avérer peu rentable. Il exige de nombreux agents et les frais fixes s’amortissent difficilement sur une période estivale assez courte. De plus, la clientèle aisée qui fréquente l’hôtel Le Trianon situé en haut de la falaise, se fait plus rare. Le funiculaire servit surtout l’été, jusqu’à sa réquisition par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Il ne fut jamais remis en service après la libération », est-il expliqué sur la brochure de l’office de tourisme.
Laissé à l’abandon après la Deuxième Guerre mondiale, il faudra attendre 1957 pour sa remise en service sous la forme d’un téléphérique. Une histoire que nous vous raconterons la semaine prochaine.
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