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L’expansion de la réserve canadienne passera par la flexibilité des employeurs

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Alors que l’Armée canadienne souhaite, à long terme, augmenter considérablement l’effectif de sa réserve, certains réservistes peinent parfois à concilier les activités obligatoires de celle-ci et l’horaire de leur emploi à temps plein.

En visant un cap de 30 000 soldats et la possibilité de tripler leurs effectifs à plus long terme, les Forces armées canadiennes (FAC) pressent les employeurs d'accorder davantage de souplesse à leur personnel réserviste.

Aujourd’hui, plus d’employeurs devront composer avec le départ temporaire de leurs travailleurs. Appelés au front lors d’inondations, de tempêtes de verglas ou de feux de forêt, les réservistes doivent en effet s'absenter de leur poste civil pour de longues périodes.

La majorité des réservistes doivent également se rendre disponibles un soir par semaine et une ou deux fins de semaine par mois.

C’est notamment le cas du sergent Vincent Garon, qui porte deux chapeaux depuis 15 ans : celui d’enquêteur professionnel dans la fonction publique et celui de réserviste dans un régiment d’infanterie de Québec.

Pour réussir à respecter efficacement ses engagements dans un horaire chargé, il souligne que la communication doit être à la base de la relation avec son employeur.

C’est certain que je veux progresser des deux côtés. Je lui explique ma perspective et le fait que je veux obtenir de l’expérience du côté de mon emploi civil, tout comme de mon emploi militaire, explique-t-il.

Un homme vêtu de vêtements militaires.

Le sergent Vincent Garon, membre de l'unité d'infanterie des Voltigeurs de Québec et de la Première réserve.

Photo : Radio-Canada / Bryan Rochon

Selon lui, la solution pour s’améliorer constamment ne passe pas par quatre chemins.

Pour aller chercher des qualifications supplémentaires du côté militaire et mettre en pratique ce que j’ai appris, la façon de faire est d’être déployé le plus souvent possible.

Il explique qu'annuellement, il présente à son employeur son calendrier d'entraînement et discute avec lui afin de planifier ses disponibilités.

C’est notamment grâce à cette communication proactive qu’il s’est envolé pour la Pologne en 2015, où il a pris part à une opération de six mois avec l’OTAN, ou qu’il a participé à 13 déploiements en Arctique.

Face à la hausse des événements climatiques extrêmes, comme les feux de forêt ou les intempéries, les réservistes sont plus sollicités que jamais.

Vincent Garon estime que les employeurs doivent mieux comprendre la réalité du métier et faire preuve de souplesse.

Ce sont des choses qu’on ne peut pas prévoir à l’avance, mais moi, en tant que réserviste, je suis volontaire pour assister la population et aider mon pays à régler ces situations problématiques.

Il mentionne l’importance d’en faire part à ses patrons et d’établir un accord pour faciliter les libérations rapides.

Pas toujours si simple

Bien que Vincent Garon s’estime choyé par la flexibilité de son employeur, il admet que la réalité est parfois moins rose pour plusieurs de ses frères d’armes.

Il constate que pour des déploiements de longue durée ou précipités, certains membres de la réserve font face à des embûches lorsque vient le temps d’être libérés par leur employeur civil.

La base militaire de Valcartier photographiée du haut des airs, en été.

La base militaire de Valcartier (archives).

Photo : Radio-Canada

Vincent Garon assure toutefois que les Forces armées canadiennes ont mis en place des mécanismes qui accompagnent les militaires dans des situations plus délicates, comme des programmes d'appui aux employeurs, dont le Programme de dédommagement des employeurs de réservistes, qui offre une aide financière aux entreprises civiles et aux travailleurs autonomes pour compenser les coûts liés à l'absence d'un réserviste appelé à servir à temps plein ou à être déployé dans des opérations de longue durée.

Un partenariat « gagnant-gagnant »

Pour les réservistes canadiens, l'engagement annuel exigé se situe généralement entre 60 et 100 jours.

Pour Vincent Garon, chaque opportunité de déploiement est avantageuse autant pour le réserviste que pour son employeur civil.

Faire partie de l’armée de réserve et participer à des déploiements, ça nous permet d’aller chercher des spécificités et de l’expérience supplémentaires qui vont par la suite être utiles pour notre emploi civil, assure-t-il.

Un militaire dans la forêt.

Le sergent Vincent Garon en 2015, lors d'une opération de l'OTAN en Pologne.

Photo : Avec l'autorisation des Forces armées canadiennes

C'est toujours très apprécié lorsque les employeurs nous libèrent pour effectuer ces tâches-là, et c’est certain que l’expérience acquise va être une plus-value pour les entreprises. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde, conclut-il.

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