À l’occasion de la sortie le 10 juin du film The Christophers, dans lequel un vieux peintre est habité par ses fantômes, la peur du déclin, la solitude de l'artiste, et la question de ce qu’on laisse derrière soi, le cinéaste américain Steven Soderbergh, 63 ans, se confie sur ses doutes, son rapport aux technologies et sa quête permanente de réinvention.

Propos recueillis par Nathalie Chifflet - Aujourd'hui à 07:30 - Temps de lecture :

 The Last Interview. Photo Sipa/ AP Steven Soderbergh, au 79e Festival de Cannes, où il présentait son documentaire John Lennon : The Last Interview. Photo Sipa/ AP
Vous aviez seulement 26 ans lorsque vous avez reçu la Palme d’or en 1989 au Festival de Cannes pour Sexe, mensonges et vidéo. Comment réussit-on à se projeter dans l’avenir après un succès si précoce ?

« Ce que je peux contrôler, c’est mon travail et le processus de création. Mais on ne maîtrise jamais les attentes qu’on suscite, ni le devenir d’une œuvre. À l’époque, j’ai traversé après cela une période compliquée, qui s’est cristallisée au milieu des années 1990, sur le tournage de À fleur de peau. Je me suis demandé si je voulais vraiment continuer ce métier : j’adorais ça, mais j’étais malheureux. J’avais 31 ans et j‘étais déjà perdu, c’était terrifiant. »

De quelle manière...

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