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L’élan référendaire de l’Alberta motive les séparatistes de la Saskatchewan

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Même si la voie vers la sécession reste particulièrement difficile, le projet de l'Alberta d'organiser un référendum sur sa séparation du Canada suscite un regain d'optimisme chez les souverainistes de la Saskatchewan, réunis samedi à Saskatoon. 

Ce constat émane de Brad Williams, président du Saskatchewan Prosperity Project, un groupe qui, à l'instar de son homologue albertain, milite pour l'indépendance de la province. Ce désir est alimenté par de nombreux motifs d'insatisfaction liés au sentiment d'aliénation ressenti dans l'Ouest canadien. 

Samedi, l'organisation tenait un sommet à Saskatoon en présence de conférenciers invités du mouvement séparatiste albertain, quelques jours après que la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, a annoncé la tenue d'un référendum consultatif sur la sécession cet automne.

Cela crée un précédent et le résultat va changer notre façon de faire les choses , a soutenu M. 

Williams en entrevue lors de l'événement. Mais nous sommes aussi très indépendants. Nous avons nos propres enjeux à régler [...] Nous allons tracer notre propre voie.

Ed Ramsey, membre du conseil d'administration du groupe, partage cet optimisme, voyant dans cette annonce un élan pour le mouvement. L'Alberta est engagée dans ce processus depuis longtemps. Leurs succès sont sans aucun doute positifs pour nous, car la population de la Saskatchewan est prête à avancer, déclare-t-il.

Il ne nous reste plus qu'à trouver la bonne approche pour y arriver. Malheureusement, nous n'avons pas encore de voie clairement définie, ajoute-t-il.  

Un processus complexe

En Saskatchewan, la législation offre aux citoyens la possibilité d'exiger un plébiscite consultatif, à condition qu'une pétition rassemble les signatures de 15 % des électeurs inscrits.

Cependant, l'organisation d'un tel vote ne représente que la phase initiale d'un processus extrêmement complexe. Les règles régissant la sécession sont strictement définies par la Cour suprême du Canada et la Loi sur la clarté référendaire. De surcroît, une séparation potentielle remettrait en cause les traités conclus avec les Premières Nations. Il est à noter que plusieurs chefs autochtones, tant en Alberta qu'ailleurs, ont déjà manifesté leur ferme opposition au projet de référendum albertain.

Malgré les déclarations de la première ministre Danielle Smith et de son homologue saskatchewanais Scott Moe concernant une amélioration de leurs relations avec Ottawa depuis l'entrée en fonction du premier ministre canadien Mark Carney, les militants séparatistes demeurent sceptiques quant à l'éventualité d'un véritable changement. 

Notre destin est écrit pour nous depuis 121 ans et cela ne changera pas , tranche Brad Williams. Quand on compare Carney à [l'ex-premier ministre Justin] Trudeau, ils ont les mêmes politiques, viennent du même endroit et partagent exactement le même programme.

Interpellé vendredi au sujet du référendum albertain, le premier ministre Scott Moe a refusé de commenter. Il devrait toutefois s'adresser aux médias la semaine prochaine lors de la Conférence des premiers ministres de l'Ouest, qui se tiendra en Alberta.

Conséquences politiques incertaines 

Selon Tom McIntosh, professeur de sciences politiques à l'Université de Regina, le silence de Scott Moe n'est pas inattendu, mais demeure néanmoins regrettable. 

Le réflexe politique de Moe est de se dire : "Je ne veux pas être entraîné dans ce débat", explique M. McIntosh. Mais le fait est qu'il est le premier ministre d'une province. On s'attendrait à ce que les premiers ministres démontrent un engagement envers le pays dont ils gouvernent une partie. Il y a une sorte d'obligation morale à prendre la défense du pays.

L'expert observe que, bien que le sentiment séparatiste en Saskatchewan se soit quelque peu apaisé après n'avoir été qu'un enjeu marginal lors des élections provinciales de 2024, il pourrait être revigoré si l'initiative albertaine s'organise et parvient à relancer le mouvement local. 

Il n'y a pas encore d'organisation cohérente et unie dans cette province pour rejoindre un mouvement séparatiste multiprovincial , nuance le professeur.

Le Saskatchewan Prosperity Project cherche à accroître significativement son influence. Selon Ed Ramsey, l'organisation, qui compte actuellement environ 12 000 membres, a pour objectif d'en recruter des centaines de milliers. Pour ce faire, le groupe poursuit sa tournée provinciale avec des rassemblements prévus à Regina dimanche et à Swift Current lundi. 

Avec les informations de Jeremy Warren

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