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La fermeture du détroit d’Ormuz, un passage crucial pour le commerce du pétrole et de gaz naturel, a fait exploser le prix du baril de pétrole, ce dernier atteignant même le seuil des 100 $US. Mais le prix à la pompe n’est pas le seul qui pourrait augmenter en raison de la guerre opposant Israël et les États-Unis à l’Iran.
Si le passage maritime d’une cinquantaine de kilomètres est principalement connu en raison de son importance pour les industries du pétrole et du gaz — près de 20 % du pétrole et 20 % du gaz naturel liquéfié consommés mondialement y transitent chaque année —, d’autres produits font aussi leur bout de chemin par ce détroit reliant le golfe Persique à celui d’Oman.
En plus du pétrole brut, les pays de la région exportent de nombreux produits qui y sont liés, notamment des engrais et du plastique, note Miloud Chennoufi, professeur de relations internationales au Collège des Forces canadiennes de Toronto. Ils sont aussi des importateurs de biens de consommation, et dépendent du commerce avec l’Europe et le reste de l’Asie en la matière.
Les pays du golfe Persique, comme les Émirats arabes unis, le Qatar ou le Koweït, subissent donc les répercussions économiques importantes de la fermeture de leur principale — voire unique, pour certains — voie maritime commerciale. Et puisque les pays qui exportent vers la région sont aussi touchés, l’effet domino du blocus sur l’économie mondiale va en fin de compte se faire ressentir jusqu’au Canada — notamment par de l’inflation, souligne M. Chennoufi.
Hormis l’industrie du pétrole et du gaz naturel, « le commerce qui se fait par le détroit d’Ormuz, c’est un commerce essentiellement régional », modère de son côté Florian Mayneris, professeur au Département des sciences économiques de l’Université du Québec à Montréal. « Pour ce qui est de l’ensemble du monde, y compris le Canada, le plus gros enjeu, c’est vraiment le pétrole et le gaz », résume-t-il.
C’est d’ailleurs pour cette raison que les effets de la crise sur les prix des produits de consommation au Canada ne sont pas aussi immédiats que sur ceux du pétrole, précise Miloud Chennoufi.
Le pétrole, témoin de l’inflation
Yvan Cliche, spécialiste en énergie au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, note toutefois que les répercussions de la crise ne se limiteront pas au prix à la pompe. « Sur la planète, on consomme environ 105 millions de barils de pétrole par jour. Et même si sa proportion dans le bouclier énergétique mondial s’est réduite, le pétrole est actif dans un secteur stratégique : celui du transport, de la mobilité. »
« Donc, tout ce qui impacte l’approvisionnement [en pétrole] se répercute évidemment par des coûts plus élevés pour tout ce qui concerne la mobilité terrestre, aérienne et maritime », résume-t-il. En clair, une hausse du coût du pétrole se traduit habituellement par une poussée d’inflation, comme ce fut le cas à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
Pour le moment, les conséquences de l’augmentation du coût du baril de pétrole (il a grimpé d’environ 30 $US depuis le début du conflit au Moyen-Orient) ont été légèrement atténuées par le surplus qui était présent sur les marchés avant les frappes israélo-américaines et « les barils de pétrole qui ont été mis en disponibilité par l’Agence internationale de l’énergie », note M. Cliche.
Il reste que tant que le détroit d’Ormuz sera fermé, « on est dans une situation qui est structurellement bâtie pour un mouvement à la hausse des prix du baril — et donc des prix en général », selon lui.
Si la situation devait durer, le professeur Florian Mayneris estime pour sa part « qu’il y aura une forme de régulation » du prix du pétrole, car plusieurs pays producteurs ne dépendent pas de ce détroit et, « à un moment, ils vont pouvoir compenser ». « Mais ça n’empêcherait pas les prix de possiblement rester à des niveaux plus élevés que ceux qu’on a connus lors de la dernière année. »


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