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Ses créateurs laissent les salles de marché dans une saison 4 qui s’aventure sur le terrain du politique et du thriller conspirationniste.
Passer la publicité Passer la publicitéRendre le monde abscons de la finance trépidant et glamour à travers la soif de réussite d’ambitieux manipulant des millions, voire des milliards, ne reculant pas devant des délits d’initié et s’abîmant le soir venu dans l’alcool et la drogue ? C’est le pari que relève depuis 2020 la discrète Industry, exemple type de séries restées confidentielles alors qu’elles constituent le haut du panier de la fiction. Ses créateurs se sont lancé un défi encore plus grand en s’attelant à la quatrième saison, qui vient de débuter sur HBO Max. Le duo d’ex-banquiers Mickey Down et Konrad Kay ont réinventé leur arène. Le choix semble osé sur le papier, mais à l’écran, ce changement de cap ne fait que consolider les atouts d’une saga frénétique, excessive, baroque. Sans saborder son don pour explorer les recoins peu reluisants de la psyché de ses personnages.
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Exit les salles de marché, puisque le QG névralgique et historique, la banque d’investissement Pierpoint, acquise par un autre établissement, n’existe plus. Reléguée en périphérie de l’intrigue, la finance s’efface au profit des arcanes du pouvoir. « La série avait atteint une conclusion naturelle. Tous nos protagonistes étaient dispersés aux quatre vents. Nous avions un boulevard pour expérimenter un autre genre, de nouvelles règles du jeu. Nous sommes depuis longtemps des fans des thrillers conspirationnistes alors nous nous sommes lancés dans le grand bain », raconte au Figaro Mickey Down.
Des apartés flamboyants
Et d’avouer : « Industry nous a servi de cheval de Troie pour écrire sur les sujets qui nous turlupinaient : de jeunes actifs à la marge cherchant leur place dans le monde du travail. La première saison était technique, jargonneuse et mécanique. La pandémie nous a donné envie d’écrire sur des enjeux plus universels et contemporains sur la manière dont les salles de marchés touchaient au monde réel. C’est le point de rencontre entre le politique, le monde des médias et la spéculation. Nous sommes aussi interrogés sur la proximité entre capitalisme et fascisme. »
Ces huit épisodes inédits, qui osent des apartés flamboyants comme un grandiloquent anniversaire costumé, où perruques et robes à paniers sont de sortie, se resserrent sur les meilleures amies, et rivales, Harper (Myha’la) et Yasmine (Marisa Abela). « Femmes dans un milieu d’hommes confrontées à une culture d’entreprise virile, elles sont le cœur battant d’Industry », rappelle Mickey Down. La première est à la tête d’un fonds d’investissement se spécialisant dans la vente à découvert. Mais ne dispose pas de l’autonomie promise. La seconde, désormais chatelaine, tient à bout de bras son mariage avec sir Henry Muck, dont elle est devenue l’infirmière. L’aristocrate a sombré dans la dépression après avoir été battu aux législatives. Sous ses traits, Kit Harington, ex-Jon Snow, s’amuse et touche infiniment plus que dans Game of Thrones.
L’irruption d’une nouvelle firme de la tech fracture la fragile trêve entre Harper et Yasmine. Son patron Whitney Halberstram (Max Minghella de The Handmaid’s Tale), avec qui Harper entame une liaison, veut transformer son application de paiement, Tender, en une banque connectée. « Whitney est un personnage énigmatique, assez obscur, toujours dans une performance d’acteur, prévient Mickey Down, Max, qui est britannique mais a joué beaucoup d’Américains, nous y a aidés avec son accent anglais inclassable. » Les plans de Whitney pourraient faire tourner la roue de la fortune de Yasmine et Henry. Toutefois, son ascension express attise la curiosité d’un journaliste d’investigation Charlie Heaton (Stranger Things ), qui cherche à alerter Harper. Voilà de quoi à nouveau poser les deux héroïnes sur des bords opposés de l’échiquier.


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