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L’ancienne prison pour hommes de Fort Smith convertie en centre de guérison

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

La Première Nation de Salt River, aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), accueille depuis peu des résidents dans son nouveau centre de guérison, aménagé dans les locaux de l’ancienne unité pour homme du centre correctionnel de Fort Smith, fermé en 2024.

Depuis novembre 2025, les locaux de l'ancienne prison font place à des cercles de partage, des ateliers et des programmes basés sur le territoire, ancrés dans la culture et les expériences vécues dans la communauté.

Le centre accueillait cette semaine l’artiste hip-hop autochtone Paul Sawan, alias K.A.S.P., pour un atelier de trois jours sur les dépendances. L’artiste, qui a entamé sa guérison en 2009 après être devenu sobre, met l'accent sur l’importance de se réapproprier sa vie, de se libérer de ses habitudes néfastes et de se reconstruire à travers la culture et la sobriété.

Il souhaite aujourd’hui aider d’autres personnes à faire comme lui en partageant son message.

L'artiste hip-hop K.A.S.P.

L'artiste hip-hop K.A.S.P. était au centre de bien-être en février pour donner un atelier sur l'importance de la culture et des traditions pour vaincre ses dépendances.

Photo : Radio-Canada / Carla Ulrich (CBC/Radio-Canada)

Votre histoire a de l’importance, et votre personne fait une différence. Il y a quelque chose de grand en vous, mais vous devez choisir de l’embrasser, affirme-t-il.

M. Sawan dit avoir observé un changement au fil des ans dans les communautés où les jeunes et les plus vieilles générations choisissent la sobriété et souhaitent se reconnecter à leurs racines. Il juge ce travail essentiel, alors que de nombreuses communautés du Nord sont toujours aux prises avec les dépendances et la violence enracinées dans l'héritage des pensionnats pour Autochtones.

Manque de ressources

Comme l’explique Chris Waniandy, coordinateur de la santé des hommes pour la Première Nation de Salt River, ce type d’atelier s’inscrit dans des efforts plus vastes, visant à créer un espace pour ceux qui ont longtemps été seuls.

Sobre depuis 6 ans, M. Waniandy a récemment obtenu son diplôme en dépendance et santé communautaire.

Les gens ont tendance à vouloir se confier à des gens avec qui ont vécu des enjeux similaires. J’ai perdu trop de proches à cause des dépendances et du suicide. Vous savez, si je peux aider une personne, c’est plus que suffisant, confie-t-il.

Chris Waniandy

Chris Waniandy, coordonnateur de la santé et du bien-être des hommes de Salt River, est sobre depuis maintenant 6 ans.

Photo : Radio-Canada / Carla Ulrich (CBC/Radio-Canada)

Le manque de ressources conçues spécialement pour les hommes représenterait, selon lui, l’une des plus grandes lacunes dans sa communauté. Il dit également observer que la stigmatisation empêche plusieurs hommes de parler de leurs traumatismes, de leurs dépendances et de leurs deuils. Je veux que les gens sachent qu’on se soucie d’eux, qu'ils sont vus et qu'ils sont entendus, dit-il.

N’ayez pas peur de vous ouvrir. N’ayez pas peur de demander de l’aide. Vous n’êtes pas un fardeau. Faites-nous signe avant qu’il ne soit trop tard.

Comme l’explique Mavis Moberly, coordonnatrice au bien-être, le centre offre une stabilité à ses bénéficiaires au moment où ils sont les plus vulnérables, en leur permettant de se regrouper, de réfléchir et de planifier leurs prochaines actions.

Mavis Moberly

Coordonnatrice au centre de bien-être de Salt River, Mavis Moberly a travaillé pendant plus de trente ans en services sociaux et en guérison communautaire.

Photo : Radio-Canada / Carla Ulrich (CBC/Radio-Canada)

Cette approche a, selon elle, été développée par des générations d’enseignement ininterrompu, et par les impacts encore ressentis des pensionnats pour Autochtones, avec un accent sur la culture et les choix. J'ai manqué beaucoup d'enseignements dont j'aurais profité si j’avais été élevée avec mon peuple, dit celle qui travaille depuis plus de trente ans en services sociaux et en guérison culturelle.

Comment peut-on enseigner à nos enfants ce que nous n’avons pas eu? Je travaille avec les gens pour comprendre ce qui manque, et la manière dont la culture peut combler ces manques, explique Mavis Moberly.

Avec les informations de Carla Ulrich

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