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La justice lyonnaise a accédé ce mercredi à la demande de remise en liberté, dans l’attente de son procès en appel, de l’ex-maire de Saint-Étienne. Gaël Perdriau (ex-LR) a été condamné en première instance à cinq ans de prison dont quatre ferme dans l’affaire du chantage à la sextape sur son ancien premier adjoint.
Passer la publicité Passer la publicitéGaël Perdriau (ex-LR) va pouvoir sortir de prison. La 7e chambre correctionnelle de la cour d’appel de Lyon a accédé à la demande de remise en liberté sous contrôle judiciaire de l’ancien maire de Saint-Étienne, ce mercredi, comme requis par l’avocat général. L’ancien édile ne portera pas de bracelet électronique mais devra pointer tous les 15 jours au commissariat et a l’interdiction de quitter la France. Il avait été condamné le 1er décembre dernier à cinq ans de prison dont un avec sursis dans l’affaire du chantage à la sextape sur son ancien premier adjoint centriste, Gilles Artigues. La peine ayant été assortie d’une exécution provisoire, il a été incarcéré le 7 janvier au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse (Ain). L’ancien édile avait fait appel dans la foulée et formé cette demande de libération.
Les magistrats ont estimé que sa détention n’était pas nécessaire au strict regard de l’article 144 de procédure pénale. Les garanties que prévoit ce dernier en matière de représentation devant la justice mais aussi de non-renouvellement d’infraction, d’absence de concertation frauduleuse ou de pression sur témoins étaient réunies selon la cour, pour valider la remise en liberté de Gaël Perdriau, il effectuera sa détention provisoire jusqu’au procès en appel sous contrôle judiciaire, «ce qui était sa situation jusqu’au premier procès», a souligné l’avocat général.
«Il pourra travailler, ce qui est pour lui un impératif, il est sans ressource depuis le 1er décembre», s’est félicité son avocat, Me Jean-Félix Luciani. Apparu à l’écran de visioconférence depuis le centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse vêtu d’un pull camionneur gris ouvert sur une chemise bleue, Gaël Perdriau a insisté sur «le besoin de travailler pour subvenir aux besoins de ma famille (présente dans la salle d’audience, NDLR) et payer l’exécution provisoire des dommages et intérêts auxquels j’ai été condamné». Ses avocats ont présenté une promesse d’embauche au 1er avril. L’ancien maire devrait retrouver la liberté jeudi ou vendredi. Son contrôle judiciaire comporte l’obligation de résider à Saint-Étienne et l’interdiction d’entrer en contact avec les autres prévenus et la victime
Répétition avant le procès en appel
Concepteur du kompromat mettant en scène Gilles Artigues en compagnie d’un escort boy dans un hôtel parisien en 2015, Gilles Rossary-Lenglet a également obtenu sa libération dans les mêmes conditions de contrôle judiciaire. C’est cette vidéo qui avait été utilisée pour faire chanter le premier adjoint centriste, entraînant son retrait de la vie politique. Gilles Artigues a fait état d’un état dépressif et de pensées suicidaires à la suite de ces faits. Il a obtenu à l’audience de première instance le versement de dommages et intérêts à hauteur de 200.000 euros.
Condamné à quatre ans de prison dont un avec sursis, Gilles Rossary-Lenglet était incarcéré à la prison de Lyon Corbas depuis le 7 janvier également. Ce dernier présente une santé dégradée, a insisté son avocate, avec un «état poly-pathologique physique et psychique», certifié par son médecin du CHU de Saint-Étienne. Comme pour Gaël Perdriau, l’avocat général avait demandé sa libération sous contrôle judiciaire, dans les mêmes conditions qu’avant l’audience de première instance.
Samy Kéfi-Jérôme, ex-compagnon de Gilles Rossary-Lenglet et condamné à la même peine dans cette affaire n’était pas concerné par l’audience de ce jour. Pierre Gautieri, lui, directeur de cabinet de Gaël Perdriau au moment des faits et condamné à quatre ans de prison dont deux ferme, n’a pas fait appel. Il ne pouvait donc pas présenter de demande de remise en liberté. Un appel incident avait été formé par le parquet. La 7e chambre de la cour d’appel de Lyon rejugera donc le dossier sur le fond du 8 au 12 juin.
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Mais ce mercredi déjà, l’avocate de Gilles Rossary-Lenglet a engagé les débats du printemps, positionnant son client comme à «l’origine de toute les révélations», lui qui a sollicité Mediapart et fourni les éléments à l’origine de l’article ayant déclenché l’affaire. Comme les conseils de Gaël Perdriau, elle a insisté sur la nécessité de pouvoir préparer cette «échéance capitale» du second procès, qui confrontera une nouvelle fois les versions de Gilles Rossary-Lenglet et de Gaël Perdriau. L’ancien édile a toujours nié son implication dans la réalisation du kompromat comme le chantage qui s’en est suivi. Comme les autres protagonistes ayant fait appel, il demeure présumé innocent.


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