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Le masque est définitivement tombé. Le double jeu de Trump a cédé la place à sa franche russophobie. Au moins, les choses sont claires. L’Amérique est toujours du côté du saltimbanque Zelensky et de sa clique corrompue.
Il n’aura pas fallu bien longtemps pour que le vernis du Donald Trump pacifique et négociateur dans l’âme craque de tous côtés. Aujourd’hui, c’est bien un Américain arrogant et imbu de sa puissance qui sévit à la Maison-Blanche. Un Yankee pur et dur qui n’a ni amis ni alliés, mais seulement des ennemis et d’insignifiants vassaux qu’il méprise et qui lui sont totalement soumis. Et il est clair qu’en misant largement sur un retour du milliardaire aux affaires, Poutine s’est trompé lourdement dans la conduite de la guerre en Ukraine.
Le Tsar est au pied du mur. Après avoir avalé toutes les couleuvres depuis 2022, laissé franchir toutes les lignes rouges, subi toutes les humiliations et provocations sans réagir, dans le seul espoir que Trump serait un interlocuteur raisonnable comprenant parfaitement les impératifs sécuritaires de la Russie, c’est finalement l’Amérique dominatrice qui se déchaîne et veut briser la résistance du Kremlin. Trump est un impulsif qui s’impatiente. À ce titre il devient très dangereux.
L’esprit d’Anchorage, avec tapis rouge déroulé devant le Tsar, c’est fini. Place à la politique du teigneux sénateur républicain Lindsey Graham, un russophobe intégriste qui préconise depuis longtemps une guerre économique sans merci contre la Russie, mais aussi contre tous les pays qui achètent le pétrole et le gaz russes, le nerf de la guerre qui permet au Tsar de financer indéfiniment son « opération spéciale ».
Donc l’idée maîtresse, c’est de punir la Russie… en taxant aussi ses clients. Chine, Inde et Brésil sont évidemment dans le collimateur de Trump.
Primo, Washington impose une taxe de 500 % sur les produits russes importés aux États-Unis
Secundo, tous les pays tiers qui achètent du pétrole, du gaz ou de l’uranium à la Russie, verront leurs exportations vers l’Amérique taxées à 500 %.
En clair, soit les clients de la Russie persistent à acheter les produits énergétiques russes, soit ils préservent leur accès au marché américain. La loi du plus fort comme toujours.
Que vont faire la Chine, l’Inde et le Brésil ? Mystère…
Il est évident qu’il y aura des représailles, surtout chinoises, et des dégâts collatéraux côté américain. Les taxes démentielles à l’importation sont toujours à double tranchant. Elles vont provoquer une forte inflation aux États-Unis qui va pénaliser les classes populaires.
La Chine peut fermer le robinet des terres rares. C’est d’ailleurs pour cette raison que Trump veut le Groenland, afin de se passer des importations chinoises dans ce domaine. Sur les 50 minerais critiques pour les industries de pointe, le Groenland en possède 40.
Pékin peut aussi s’emparer de Taïwan afin de bloquer les exportations des microprocesseurs les plus avancés, indispensables aux industries occidentales de pointe. L’Amérique dépend de ces puces électroniques de haut niveau.
Côté russe, Poutine paie le prix de son extrême passivité face aux provocations occidentales multiples depuis quatre ans. Il n’a jamais tapé sur la table, espérant toujours trouver en Trump un négociateur capable de comprendre les intérêts de Moscou. Mauvaise pioche.
Il ne lui reste plus qu’à suivre les durs de son entourage, qui trépignent depuis quatre ans pour en finir avec cette stratégie de demi-mesures consistant à mener la guerre une main dans le dos.
Allons-nous assister à une accélération du conflit, avec mobilisation massive et engagement total des forces russes ? Nous sommes visiblement à un tournant dangereux de la guerre. À suivre…
Mais quelle que soit la réaction du Kremlin, il me paraît impensable que les Russes acceptent une défaite dans une éternelle guerre d’usure, comme l’espère l’Occident, alors que leur puissance militaire est éminemment plus conséquente que leurs moyens engagés sur le front depuis 2022.
Il est clair qu’après quatre années passées à subir une escalade occidentale sans réagir, au grand dam des durs du Kremlin, le Tsar et ses 6 200 têtes nucléaires ne font plus peur à Trump ni aux Européens.
Mais attention ! Acculer l’Ours russe peut devenir fatal. Et une alliance militaire totale entre Pékin et Moscou pourrait bien naître de cette arrogance illimitée de Donald Trump, moins malin qu’il en a l’air.
Jacques Guillemain




























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