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Le projet de loi 15 visant la création du Service de police des shérifs de l’Alberta (Alberta Sheriffs Police Service; ASPS) a été déposé, mardi, à l’Assemblée législative. Il prévoit notamment le transfert des shérifs de l’Alberta vers ce nouvel organe autonome « sans interrompre la sécurité publique ou les opérations quotidiennes ».
Il s’agit d’un pas de plus vers le déploiement d’une police provinciale. Le gouvernement conservateur uni entend voter la Loi modifiant les lois sur la sécurité publique et les services d'urgence durant la session parlementaire qui vient de commencer.
Ce gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour déployer des forces sur le terrain et assurer la sécurité des communautés, a déclaré Mike Ellis, ministre de la Sécurité publique.
Davantage de policiers sur le territoire
Ce sont 1200 shérifs qui sont concernés par le transfert, dont 600 recevront une formation de six semaines pour assurer des fonctions de policier dans le futur Service de police des shérifs de l’Alberta.
L'autre moitié continuera à exercer les fonctions classiques d’un agent de la paix : surveillance, patrouille routière, arrestation de fugitifs. À terme, le ministre a indiqué vouloir recruter davantage d’agents.
Il s'agit d'améliorer la sécurité, d'accélérer les temps de réponse, d'améliorer la coordination et, bien sûr, d'augmenter le nombre de policiers dans les rues afin de dissuader ceux qui pensent pouvoir enfreindre la loi en toute impunité, soutient Mike Ellis.
Le ministre a annoncé que les fonds déjà alloués aux shérifs de l’Alberta seront transférés à ce nouveau service de police provincial, soit environ 156 millions de dollars, selon le budget prévisionnel pour 2025-2026. Des fonds supplémentaires seront débloqués pour la formation des futurs policiers de ce service.
Mike Ellis n’a pas précisé le futur budget qui sera alloué à cette nouvelle force policière provinciale. Ce dernier devrait être connu ce jeudi.
Vers la fin de la GRC en Alberta?
Interrogé sur la future place de cette force policière vis-à-vis de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), le ministre est resté évasif et a répondu qu’il continuait les discussions avec le gouvernement fédéral, notamment sur le modèle de financement et les ressources affectées à l’Alberta.
Il ne s'agit donc pas simplement de signer un chèque, de croiser les doigts et d'espérer que des policiers [fédéraux] viennent ici. Ce que nous faisons ici, c'est trouver le moyen le plus rapide d'obtenir au moins 600 policiers dans les rues de l'Alberta, a-t-il déclaré.
Selon Doug King, professeur en justice criminelle à l’Université Mount Royal, le gouvernement de l’Alberta aura à clarifier ses intentions à propos de la police fédérale.
Ils vont devoir déterminer qui détient l'autorité. [Vous aurez] deux agents qui sont désormais des policiers, et non plus des shérifs, mais des policiers. Ils vont donc devoir régler cette question
M. Ellis a ajouté que, selon lui, le coût de la GRC pour les petites municipalités devient insoutenable. Le contrat actuel qui lie la province à la GRC prend fin en 2032.


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